Tout d’abord, l’on fait savoir que l’enjeu dépasse largement la dimension territoriale, car les eaux autour de l’île de Mbanie recèlent d’importantes ressources pétrolières. On ne sait pas exactement à quel point les zones contestées sont riches en hydrocarbures, mais, selon les données de S&P Global Commodity Insights, les projets pétroliers proches des côtes des deux pays contiennent 743 millions de barils de gisements de pétrole brut. Parmi les principaux sites, on trouve le champ en eaux profondes de Ceiba et le complexe d’Okume, opérés par des sociétés internationales comme Trident Energy, Kosmos Energy et Panoro Energy, ainsi que par la compagnie nationale Equato-guinéenne GEPetrol. Du côté gabonais, les perspectives pétrolières incluent le projet Nyonie Deep 1, géré par Perenco, et le projet Topaze-Pilote de Capitaine Energy, prévus pour entrer en production dans les années 2030, indique Energy News.
Déclin de la production pétrolière
Les économies du Gabon et de la Guinée équatoriale reposent en grande partie sur les revenus pétroliers, faisant de cette ressource, un pilier de leur stabilité économique. Toutefois, les deux pays sont confrontés à un déclin de leur production, ces dernières années. La Guinée équatoriale, autrefois prospère dans le secteur des hydrocarbures, a vu sa production chuter de 79 % depuis son pic de 289 000 barils par jour en 2015. En septembre 2024, la production équato-guinéenne n’atteignait plus que 60 000 barils par jour. La situation s’est encore complexifiée en juin dernier avec le départ d’ExxonMobil, laissant GEPetrol, novice dans la gestion de grands projets, en charge de l’exploitation du champ de Zafiro, une infrastructure cruciale pour le pays.
Le Gabon, de son côté, peine à accroître sa production, stagnante depuis 2016. La production actuelle du pays avoisine les 210 000 barils par jour, malgré des investissements pour stimuler les activités d’extraction. En juin dernier, la société d’État gabonaise a préempté la vente des actifs pétroliers d’Assala à Maurel & Prom, avec le soutien de Gunvor, un négociant en matières premières. …
Pour le Gabon et la Guinée équatoriale, dont les économies sont fragilisées par le déclin de la production pétrolière, la souveraineté sur l’île de Mbanie aurait été une occasion de redynamiser leurs industries respectives. Une panacée qui est désormais juridiquement réservée au pays de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. La CIJ a cependant estimé, que la Convention « n’est pas un traité faisant droit » et « ne constitue pas un titre juridique ». La Cour a déclaré que le titre légal sur les îles était détenu par l’Espagne, qui l’a ensuite transmis à la Guinée équatoriale, lorsque celle-ci est devenue indépendante en 1968.
