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L’Afrique du Sud applique un tarif électrique préférentiel pour sauver le ferrochrome

Confrontée à l’explosion des coûts énergétiques et à l’affaiblissement progressif de sa capacité de transformation métallurgique, l’Afrique du Sud a validé un mécanisme de tarification électrique préférentielle destiné aux producteurs de ferrochrome. Une décision stratégique qui vise à préserver une industrie clé des exportations minières et à ralentir la perte de compétitivité du pays face aux grands acteurs asiatiques.

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L’Afrique du Sud renforce son soutien à son industrie du ferrochrome, un secteur considéré comme stratégique pour l’économie nationale. Le groupe public d’électricité Eskom et le régulateur énergétique sud-africain Nersa ont validé un cadre tarifaire préférentiel destiné à plusieurs producteurs afin de limiter les fermetures de fonderies et préserver les capacités industrielles du pays. Cette décision intervient alors que Pretoria tente de protéger une filière historiquement dominante, mais fragilisée par la hausse continue des coûts de l’électricité et la baisse progressive de la compétitivité industrielle.

Une industrie stratégique fragilisée par la crise énergétique

L’Afrique du Sud détient environ 80 % des réserves mondiales connues de minerai de chrome, une ressource essentielle à la fabrication du ferrochrome utilisé dans la production d’acier inoxydable. Malgré cet avantage naturel, le pays a progressivement perdu du terrain dans la transformation locale du chrome.

Selon les données publiées par Eskom, la hausse des tarifs électriques depuis 2008 a provoqué une contraction importante de l’activité des fonderies. Les autorités sud-africaines indiquent que seules 11 fonderies sur 66 restent actuellement opérationnelles dans le pays. Les coûts de l’électricité pour l’industrie ont été multipliés par près de dix sur cette période, réduisant fortement la rentabilité des producteurs de ferrochrome.

Un tarif réduit fixé à 0,62 rand par kilowattheure

Pour soutenir cette industrie, Eskom a conclu un accord tarifaire spécial avec Samancor Chrome ainsi qu’avec la coentreprise Glencore-Merafe Chrome. Le dispositif prévoit un tarif préférentiel de 0,62 rand par kilowattheure, contre environ 1,36 rand/kWh auparavant pour ces industriels.

Le régulateur NERSA précise qu’une première réduction intermédiaire avait déjà ramené le tarif à 87,74 centimes/kWh au début de l’année 2026, soit une baisse d’environ 35 %. Les accords validés couvrent une période de cinq ans pour Samancor Chrome et de trois ans pour Glencore-Merafe Chrome. Selon Eskom, cette mesure vise à stabiliser la production industrielle, maintenir les emplois et sécuriser la demande électrique industrielle à long terme.

Pretoria veut préserver la transformation locale du chrome

Au-delà du soutien énergétique, les autorités sud-africaines cherchent surtout à éviter une désindustrialisation progressive de leur secteur minier. Le ferrochrome représente une activité à forte valeur ajoutée permettant de transformer localement le minerai avant son exportation.

Le ministre sud-africain de l’électricité et de l’énergie, Kgosientsho Ramokgopa, estime que ce programme pourrait permettre de relancer progressivement plusieurs unités industrielles actuellement à l’arrêt. Le gouvernement considère cette filière comme essentielle pour les recettes d’exportation, l’emploi industriel et la souveraineté économique du pays.

Un soutien industriel qui relance le débat énergétique

Cette décision intervient toutefois dans un contexte énergétique complexe. L’Afrique du Sud reste fortement dépendante du charbon pour sa production électrique et continue de faire face à des tensions structurelles sur son réseau énergétique national. Eskom affirme néanmoins que ce mécanisme préférentiel ne sera pas financé par une augmentation des tarifs pour les autres consommateurs. Le groupe public explique que le dispositif repose sur un modèle de partage des risques permettant de préserver les volumes industriels de consommation tout en soutenant la rentabilité du réseau électrique.

En validant un tarif électrique préférentiel pour les producteurs de ferrochrome, l’Afrique du Sud fait le choix d’une intervention industrielle ciblée afin de préserver une filière stratégique fragilisée par la crise énergétique. Pretoria tente ainsi de maintenir localement une partie de la valeur ajoutée issue de ses immenses réserves de chrome, tout en freinant le déplacement des capacités de transformation vers l’Asie. Mais cette politique met également en lumière les défis structurels du modèle énergétique sud-africain, où le coût de l’électricité est devenu un facteur décisif pour la survie des industries lourdes.

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