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A Tunis, la CAPEF veut positionner les filières camerounaises au cœur du marché africain de 3 400 milliards de dollars

À travers sa participation au Forum de la ZLECAf organisé à Tunis, la CAPEF a porté les ambitions économiques du Cameroun dans un espace commercial africain en pleine transformation. Entre industrialisation locale, hausse attendue des échanges intra-africains et nouvelles opportunités d’investissement, l’organisation veut faire des filières agricoles camerounaises des acteurs majeurs du commerce continental.

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Le Cameroun entend prendre une place plus importante dans la nouvelle architecture commerciale africaine. À Tunis, en marge du Salon International de l’Industrie Agroalimentaire pour l’Afrique (IFSA AFRICA 2026), la Chambre d’Agriculture, des Pêches, de l’Élevage et des Forêts du Cameroun (CAPEF) a participé à la première édition du Forum de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf), organisée le 10 juin 2026 par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Tunis.

Conduite par son président Martin Paul Mindjos Momeny, la délégation camerounaise a défendu les intérêts des producteurs, transformateurs et entreprises des secteurs agricole, halieutique, pastoral et forestier dans ce qui est désormais considéré comme le plus vaste espace de libre-échange au monde en nombre de pays membres. Selon le Secrétariat de la ZLECAf et les Nations unies, cet espace économique regroupe 55 pays africains, plus de 1,3 milliard d’habitants et un produit intérieur brut combiné estimé à 3 400 milliards de dollars. 

La CAPEF met en avant les ambitions commerciales du Cameroun

Au cours du forum, la CAPEF a présenté une communication consacrée à « l’impact de la ZLECAf dans la promotion des échanges commerciaux intra-africains : le cas du Cameroun ». À travers cette intervention, l’institution camerounaise a voulu démontrer que les filières agricoles et agroalimentaires nationales peuvent tirer profit de l’ouverture progressive des marchés africains. La suppression graduelle des barrières douanières et des obstacles non tarifaires constitue en effet l’un des principaux piliers de la ZLECAf. Selon la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), la mise en œuvre complète de la ZLECAf pourrait augmenter le commerce intra-africain de plus de 52 %. 

L’accord prévoit également une réduction progressive des droits de douane sur près de 90 % des produits éligibles respectant les règles d’origine africaines, avec des calendriers variant entre 5 et 13 ans selon le niveau de développement des pays membres.  Pour le Cameroun, cette dynamique ouvre des perspectives importantes dans les exportations agricoles, les produits transformés, le bois industriel, les produits halieutiques et les filières d’élevage.

Un potentiel de croissance pour l’agro-industrie camerounaise

La participation de la CAPEF à Tunis intervient dans un contexte où plusieurs économies africaines cherchent à renforcer leur industrialisation locale afin de réduire leur dépendance aux importations extérieures. Selon la CEA, l’agriculture représente environ 100 milliards de dollars, soit près de 15 % du PIB continental africain. 

Pour les responsables camerounais, l’enjeu ne se limite plus à exporter des matières premières brutes, mais à développer des chaînes de transformation capables de générer davantage de valeur ajoutée locale. La ZLECAf pourrait ainsi favoriser l’émergence de nouvelles chaînes de valeur régionales dans l’agro-industrie, le cacao transformé, le café, les produits forestiers transformés ou encore les produits alimentaires destinés aux marchés africains.

Selon les projections soutenues par les institutions africaines et internationales, la ZLECAf pourrait générer jusqu’à 450 milliards de dollars de revenus supplémentaires pour le continent d’ici 2035 tout en renforçant l’attractivité des investissements directs étrangers. 

Tunis, une vitrine technologique et commerciale pour l’Afrique

Au-delà des discussions institutionnelles, la présence de la CAPEF au Forum de Tunis a également permis de multiplier les rencontres d’affaires avec des investisseurs, industriels et opérateurs économiques africains. Les échanges ont porté sur le machinisme agricole, les équipements de transformation agroalimentaire, les innovations technologiques et les solutions destinées à améliorer la productivité des filières agricoles africaines. Pour la CAPEF, ces partenariats sont essentiels dans un contexte où les entreprises camerounaises cherchent à améliorer leur compétitivité afin de mieux profiter du marché continental africain.

La ZLECAf ambitionne justement de renforcer les chaînes logistiques régionales, d’accélérer les investissements industriels et de stimuler les échanges entre économies africaines encore faiblement intégrées. Aujourd’hui, le commerce intra-africain représente encore moins de 20 % des échanges du continent, contre près de 60 % en Asie et environ 70 % en Europe. À Tunis, la CAPEF n’a pas seulement représenté le Cameroun à un forum continental. L’institution a surtout cherché à positionner les filières productives camerounaises dans la future bataille économique africaine.

Avec un marché continental de plusieurs milliers de milliards de dollars, une population en forte croissance et des perspectives d’expansion du commerce intra-africain, la ZLECAf apparaît désormais comme l’un des principaux leviers de transformation économique du continent. Pour le Cameroun, le défi sera désormais de transformer cette ouverture commerciale en opportunités concrètes pour ses producteurs, ses industriels et ses entreprises exportatrices.

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