Ces dernières années, le secteur pétrolier du Nigeria a été fragilisé par une baisse de production et le départ progressif de plusieurs majors de l’onshore. La production a chuté à environ 1,5 million de barils par jour, tandis que l’instabilité réglementaire et les incertitudes fiscales freinaient l’arrivée de nouveaux investisseurs.
Le 1er décembre 2025, le gouvernement nigérian a officiellement lancé la “2025 Licensing Round”, proposant 50 blocs pétroliers et gaziers répartis entre onshore, eaux peu profondes et offshore profond. Ce round marque le premier appel d’offres depuis près de deux décennies et vise à attirer les compagnies internationales. Les conditions financières ont été assouplies : les signature bonuses passent à 3-7 millions $, contre jusqu’à 10 millions $ en 2024 et près de 200 millions $ dans les rounds historiques, rendant l’investissement initial plus accessible. L’accent est désormais mis sur la capacité technique, la solidité financière et la rapidité de mise en production.
Pour 2026, le Nigeria vise à attirer environ 10 milliards $ d’investissements upstream via ce round de licences. Ces fonds doivent permettre d’ajouter de nouvelles réserves et de rehausser la production, avec une cible progressive vers 1,8 million b/j. Le gouvernement prévoit également des incitations spécifiques pour des projets offshore stratégiques, comme Bonga South West, afin de sécuriser des investissements majeurs. À plus long terme, les ambitions nigérianes sont encore plus ambitieuses. D’ici 2030, le pays espère atteindre un niveau de production significatif qui consoliderait sa place parmi les principaux producteurs africains, tout en garantissant des recettes pétrolières stables pour soutenir l’économie nationale.
Le processus de sélection des licences est désormais structuré et transparent, avec cinq étapes clés : préqualification, acquisition de données, soumission technique, évaluation et conférence commerciale. Ces mesures visent à dissiper l’instabilité réglementaire passée et à rendre le Nigeria plus attractif pour les majors internationales, certaines envisagent jusqu’à 20 milliards $ d’engagements supplémentaires dans les projets clés. Avec ces mesures, Abuja envoie un signal fort : le Nigeria veut redevenir une destination compétitive et fiable pour le secteur pétrolier mondial, combinant stabilité, incitations financières et opportunités de croissance.