Cette dégradation du solde commercial s’explique principalement par la combinaison de deux facteurs : la baisse des recettes d’exportation et la hausse des dépenses d’importation. En effet, les exportations ont reculé de 5,2 %, soit une diminution de 168,1 milliards de FCFA, tandis que les importations ont progressé de 4,6 %, représentant une hausse de 229,8 milliards de FCFA.
Un déficit plus préoccupant hors hydrocarbures
Le rapport souligne que la situation devient encore plus critique lorsque les hydrocarbures sont exclus des échanges commerciaux. Hors pétrole brut, le déficit commercial atteint 2 850,9 milliards de FCFA, en hausse de 3,7 % par rapport à 2024. Hors pétrole brut et gaz naturel, il grimpe à 3 157,6 milliards de FCFA, soit une augmentation de 2,8 %.
Par ailleurs, le taux de couverture des importations par les exportations s’est fortement détérioré. Il passe de 65,1 % en 2024 à 59,0 % en 2025, ce qui signifie que le Cameroun ne finance plus que 59 % de ses importations grâce à ses exportations.
Des importations toujours dominées par les produits énergétiques et industriels
Les dépenses d’importation du Cameroun se sont élevées à 5 229,2 milliards de FCFA en 2025. Les produits minéraux représentent la principale catégorie importée avec 19,1 % des importations totales, dont 15,1 % consacrés aux carburants et lubrifiants. Malgré cela, cette catégorie enregistre une baisse de 15,1 % par rapport à 2024.
Les machines et appareils mécaniques et électriques occupent également une place importante dans les importations du pays. Elles représentent 14,5 % des dépenses d’importation, soit 757,4 milliards de FCFA, même si leur valeur recule de 3,7 %.
De leur côté, les produits des industries chimiques affichent une hausse de 5 %, atteignant 548 milliards de FCFA. Cette catégorie comprend notamment les produits pharmaceutiques, les insecticides et divers produits chimiques.
Baisse des importations de céréales
Le rapport relève également une diminution des importations de produits du règne végétal, qui reculent de 12,5 % pour s’établir à 546 milliards de FCFA. Cette baisse est principalement liée à la réduction des importations de céréales (-14,1 %).
Les importations de riz chutent ainsi de 15,6 %, tandis que celles du blé diminuent de 12,3 %. Cette évolution pourrait traduire les premiers effets de la politique d’import-substitution alimentaire mise en avant dans la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30).
Recul des exportations sous l’effet de la baisse des hydrocarbures
Selon le document produit par l’INS, les recettes d’exportation du Cameroun s’établissent à 3 084 milliards de FCFA en 2025, en baisse de 5,2 % après une hausse de 8,8 % observée en 2024.
Cette contreperformance est principalement liée à la chute des recettes pétrolières. Les exportations d’huiles brutes de pétrole reculent de 29,6 % pour atteindre 705,6 milliards de FCFA, sous l’effet conjugué de la baisse des volumes exportés et du recul des prix mondiaux du pétrole. Les exportations de gaz naturel liquéfié diminuent également de 8,1 %, avec des recettes estimées à 350,2 milliards de FCFA.
Le cacao moteur des exportations camerounaises
Malgré ce contexte difficile, le cacao apparaît comme le principal soutien des exportations camerounaises. Les recettes issues des exportations de cacao brut en fèves progressent de 18,7 %, atteignant 810,2 milliards de FCFA. Cette performance est portée par la hausse des prix internationaux du cacao. Le cacao brut et ses produits dérivés représentent désormais 38,5 % des recettes d’exportation du pays. À lui seul, le cacao brut en fèves contribue à hauteur de 26,3 % des exportations totales.
Des secteurs traditionnels en difficulté
Le secteur du bois et de ses ouvrages enregistre une baisse de 12,8 % de ses recettes d’exportation, qui s’établissent à 217,6 milliards de FCFA. Les exportations de coton brut connaissent également une forte chute de 29,8 %, pour un montant de 124,4 milliards de FCFA.
Une économie toujours vulnérable
Les données publiées par Institut National de la Statistique montrent que l’économie camerounaise reste fortement dépendante des exportations de matières premières et particulièrement vulnérable aux fluctuations des marchés internationaux. Malgré les bonnes performances du cacao, la baisse des revenus pétroliers et la hausse continue des importations contribuent à creuser davantage le déficit commercial du pays.