Le gouvernement malien a validé en Conseil des ministres une intervention publique portant sur le rachat de 26 030 tonnes de riz local. Cette décision intervient dans un contexte où la production nationale rencontre des difficultés d’écoulement, notamment en raison de la concurrence du riz importé et des coûts de production jugés élevés par les acteurs de la filière. L’opération est financée par l’État et confiée à l’OPAM, chargé de la gestion des stocks et de leur réintégration progressive sur le marché.
Un excédent de production confronté aux contraintes du marché
Le volume de 26 030 tonnes de riz invendu traduit un déséquilibre entre la production locale et la capacité d’absorption du marché intérieur. Cette situation s’explique par la structure des coûts de production, qui pèse sur la compétitivité du riz local face aux produits importés souvent proposés à des prix plus bas. Elle met également en évidence les limites des circuits de commercialisation et de distribution, qui ne permettent pas toujours d’écouler efficacement les récoltes des producteurs.
Un mécanisme de régulation pour stabiliser les prix
Le rachat de ces stocks par l’État s’inscrit dans une logique de régulation du marché. L’objectif est d’éviter une accumulation prolongée des invendus qui pourrait fragiliser davantage les producteurs et exercer une pression déséquilibrée sur les prix. Les volumes acquis doivent ensuite être remis sur le marché de manière progressive afin de maintenir un niveau de prix compatible avec le pouvoir d’achat des ménages, tout en évitant des fluctuations brutales.
Un contexte de pression alimentaire persistante
Cette intervention intervient dans un environnement marqué par des projections indiquant que plusieurs millions de personnes pourraient avoir besoin d’une assistance alimentaire au Mali en 2026. Cette situation est liée à la combinaison de facteurs économiques, logistiques et sécuritaires qui affectent la disponibilité et l’accès aux denrées de base. Dans ce cadre, le riz occupe une place stratégique en tant que produit de consommation courante au cœur de la sécurité alimentaire nationale.
L’OPAM au centre du dispositif de gestion
L’Office des Produits Agricoles du Mali est chargé de la mise en œuvre opérationnelle du dispositif. Son rôle consiste à assurer l’achat des stocks auprès des producteurs, leur conservation dans des conditions adaptées, puis leur redistribution sur le marché intérieur selon les besoins identifiés. Cette intervention s’inscrit dans les mécanismes publics de gestion des produits alimentaires stratégiques.
Le rachat de 26 030 tonnes de riz local par l’État malien s’inscrit dans une démarche de régulation du marché agricole et de gestion des risques alimentaires. En absorbant les excédents de production, les autorités cherchent à maintenir un équilibre entre le soutien à la filière rizicole, la stabilité des prix et la sécurisation de l’approvisionnement. Cette opération reflète également les enjeux structurels liés à la dépendance alimentaire et à la fragilité des circuits de distribution dans le pays.