Adama Ekberg Coulibaly (CEA) : « l’Afrique doit financer elle-même la construction de son marché commun »

Pendant la 14ᵉ conférence de l’OMC au Palais des Congrès, l’économiste en chef du Plan directeur d’industrialisation et de diversification économique et chef des initiatives sous-régionales au Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale, Adama Ekberg Coulibaly, a livré sa vision de l’intégration économique africaine et de la ZLECAf.

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Adama Coulibaly, Économiste en chef à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA)

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En marge des travaux de la conférence, Adama Ekberg Coulibaly a insisté sur la nécessité pour le continent de mobiliser ses propres ressources afin de construire un marché commun africain solide et durable.

Structurer les acteurs pour parler d’une seule voix

L’économiste a d’abord souligné l’importance de donner aux acteurs économiques africains des structures solides et coordonnées.

Pour nous, c’est une véritable opportunité de concrétiser deux grandes ambitions,

explique-t-il.

Il s’agit de permettre à nos pêcheurs de voir un modèle organisé, et de structurer leurs activités pour qu’ils puissent parler d’une seule voix sur tous les aspects de leur secteur.

Selon lui, sans cette coordination, les efforts restent dispersés et les initiatives locales risquent de ne pas atteindre leur plein potentiel. Des structures opérationnelles et respectées sont donc indispensables pour rassembler tous les acteurs autour d’objectifs communs.

La ZLECAf n’est qu’une étape

Adama Ekberg Coulibaly rappelle ensuite que la Zone de libre-échange continentale africaine constitue une avancée, mais qu’elle n’est pas une fin en soi.

La ZLECAf est importante, mais ce qu’il nous faut, c’est vraiment aller droit à la construction d’un marché commun africain,

insiste-t-il.

Selon lui, la création de zones de libre-échange ne suffit pas : il faut les déployer efficacement, les renforcer et s’assurer que tous les acteurs économiques en tirent profit. Il cite l’exemple de la mise à niveau des zones économiques, qui reste lente tant que le financement et la coordination dépendent de partenaires extérieurs.

Mobiliser les ressources africaines

L’économiste insiste sur la nécessité pour le continent de ne pas compter uniquement sur l’aide extérieure.

Il faudrait que le continent mobilise ses propres moyens : financiers, humains et techniques,

explique-t-il.

Ces moyens doivent être utilisés pour construire un marché africain solide et durable, et non pour dépendre de la bonne volonté des partenaires extérieurs.

Selon lui, seule une initiative africaine, impliquant directement les États et les structures économiques locales, permettra de concrétiser la ZLECAf et d’accélérer les projets en cours.

L’urgence de l’action locale

Pour Adama Ekberg Coulibaly, la réussite de l’intégration économique du continent repose sur une mobilisation rapide et autonome de ses ressources.

Attendre que des partenaires externes interviennent retarde la mise à niveau des zones et la concrétisation des projets. Il est urgent que les États africains assurent eux-mêmes les moyens nécessaires,

conclut-il.

Il ajoute que cette autonomie est la seule façon de transformer la ZLECAf en un marché commun africain réellement intégré, capable de stimuler l’industrialisation, la diversification économique et la compétitivité du continent sur la scène internationale.

La 14ᵉ conférence de l’OMC met en lumière l’importance pour l’Afrique de renforcer sa capacité à défendre ses intérêts dans le commerce mondial. La construction d’un marché commun africain autonome et solide permettra au continent de mieux négocier au sein des instances internationales et de jouer un rôle plus influent dans les échanges économiques mondiaux.

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