Le Burkina Faso poursuit sa stratégie de sécurisation de son approvisionnement en électricité. Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a inauguré le 21 juillet 2026 la centrale thermique de Pabré, d’une capacité installée de 50 mégawatts (MW). Cette infrastructure constitue la première réalisation d’un programme gouvernemental de sept nouvelles unités de production, dont la capacité cumulée atteindra au moins 515 MW.
Dans un contexte où près de 50 % de l’électricité consommée dans le pays provient encore des importations, cette nouvelle centrale marque une étape importante vers une production nationale plus robuste et plus résiliente.
Le renforcement de la production nationale devient une priorité stratégique
La centrale thermique de Pabré permettra d’alimenter près de 36 000 ménages, contribuant ainsi à réduire les déficits d’approvisionnement qui freinent encore le développement industriel et économique du pays.
Au-delà de cette première infrastructure, le gouvernement a annoncé la construction de plusieurs autres centrales, dont une future centrale thermique de 120 MW à Ouaga Sud-Est, dont la première pierre a également été posée. Ces investissements traduisent la volonté des autorités de renforcer durablement les capacités de la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL) et de répondre à une demande énergétique en forte croissance.
Réduire la dépendance énergétique régionale
Le Burkina Faso demeure l’un des pays d’Afrique de l’Ouest les plus dépendants des importations d’électricité. Une partie importante de son alimentation électrique provient des interconnexions avec les pays voisins, notamment la Côte d’Ivoire et le Ghana.
Cette dépendance expose le pays aux fluctuations de l’offre régionale, aux hausses des coûts d’achat d’énergie et aux risques liés aux perturbations des réseaux interconnectés. En développant une capacité additionnelle de 515 MW, le gouvernement entend améliorer la sécurité énergétique nationale tout en réduisant progressivement les importations.
Cette stratégie pourrait également offrir davantage de stabilité aux secteurs productifs, notamment les industries manufacturières, les mines, les services et les PME, fortement pénalisés par les interruptions d’électricité.
Une stratégie qui combine thermique et diversification énergétique
Si la nouvelle centrale de Pabré fonctionne à partir d’une technologie thermique, elle s’inscrit dans une politique énergétique plus large. Ces dernières années, le Burkina Faso a également investi dans le développement du solaire photovoltaïque, notamment avec les centrales de Zagtouli (33 MW) et de Pâ (30 MW).
L’objectif poursuivi est de disposer d’un mix énergétique plus diversifié, capable d’assurer une production stable tout en augmentant progressivement la part des énergies renouvelables dans le réseau national.
Pour les autorités, le renforcement simultané des capacités thermiques et solaires constitue une réponse aux besoins croissants en électricité liés à l’urbanisation, à l’industrialisation et à l’amélioration de l’accès des populations à l’énergie.
L’inauguration de la centrale thermique de Pabré dépasse la simple mise en service d’une nouvelle infrastructure. Elle marque le début d’un programme énergétique d’envergure destiné à renforcer l’autonomie du Burkina Faso dans un secteur stratégique pour sa compétitivité économique.
Si les sept centrales annoncées sont réalisées dans les délais et atteignent effectivement les 515 MW prévus, le pays pourrait réduire significativement sa dépendance aux importations d’électricité, améliorer la qualité de son approvisionnement énergétique et créer un environnement plus favorable à l’investissement industriel. Pour le Burkina Faso, l’enjeu dépasse désormais la production d’électricité : il s’agit de faire de l’énergie un levier de souveraineté économique et de transformation structurelle.
