Projet aurifère Koné : pourquoi la Côte d’Ivoire séduit les grands investisseurs miniers là où le Cameroun peine encore

La société de ressources minérales basée au Canada Montage Gold, a récemment lancé le projet aurifère Koné en Côte d’Ivoire, un investissement initial de plus de 835 millions USD visant à développer la troisième plus grande mine d’or d’Afrique de l’Ouest. Tandis que d'autres pays africains doté de richesse aurifère à l'instar du Cameroun peinent encore à mobiliser des gros investisseurs dans ce secteur.

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Le lancement du projet aurifère Koné par Montage Gold, dirigé par son PDG Martino De Ciccio, marque une étape décisive dans la montée en puissance de la Côte d’Ivoire comme destination minière de premier plan en Afrique de l’Ouest. Avec un investissement initial de plus de 835 millions de dollars, des ressources estimées à près de 5 millions d’onces et une production annuelle attendue de plus de 300 000 onces, Koné s’impose comme la troisième plus grande mine d’or de la sous-région.

Mais au-delà des chiffres, ce projet met en lumière un contraste structurel entre deux pays aux potentiels géologiques importants : la Côte d’Ivoire et le Cameroun.

Cameroun – Côte d’Ivoire : deux trajectoires minières divergentes

Selon Bareja Youmssi, expert du secteur minier, les difficultés du Cameroun à attirer des investissements miniers structurants tiennent moins à l’absence de ressources qu’à un déficit de fondamentaux institutionnels et économiques.

Je le souligne tous les jours dans les médias de mon pays, le Cameroun : sans un climat d’affaires favorable, sans une bonne gouvernance dans l’octroi des titres et la gestion du secteur minier, sans un code minier attractif, sans une stabilité politique claire à court, moyen et long terme, et sans infrastructures — énergie, chemin de fer, ports minéraliers — le pays ne peut pas devenir une véritable destination minière

, explique-t-il.

À l’inverse, la Côte d’Ivoire apparaît aujourd’hui comme un modèle régional de structuration du secteur minier, ayant su mettre en place un cadre cohérent et rassurant pour les investisseurs internationaux.

Un choix rationnel, loin des effets d’annonce

Pour l’expert, la décision de Montage Gold illustre parfaitement cette divergence de trajectoires.

Le PDG de Montage Gold a tranché : il a choisi la Côte d’Ivoire comme destination précisément sur la base de ces critères fondamentaux

, souligne Bareja Youmssi.

Il insiste sur le fait que les investissements miniers lourds reposent sur des données tangibles et non sur des discours politiques.

On ne va pas investir des millions, voire des milliards de dollars, sur la base de discours démagogiques

, tranche-t-il.

Les conséquences d’un cadre peu attractif au Cameroun

Dans son analyse, l’expert pointe également les effets pervers d’un environnement minier insuffisamment structuré au Cameroun, qui favorise des exploitations peu capitalisées et à faible valeur ajoutée.

Tant que ces conditions ne seront pas réunies, le Cameroun restera un terrain pour des opérateurs opportunistes venus d’Asie ou du Moyen-Orient, et non une destination capable d’attirer de grands groupes miniers internationaux

, avertit-il.

Cette situation a un impact direct sur l’emploi et la formation locale.

Nos jeunes ingénieurs en géologie et en mines, formés dans des écoles souvent sous-équipées, sans laboratoires ni véritables stages académiques ou professionnels, resteront sans perspectives d’emploi durable

, déplore Bareja Youmssi.

La Côte d’Ivoire, un levier minier au service du développement

En Côte d’Ivoire, le projet Koné s’inscrit dans une logique inverse. Outre les 2 700 emplois attendus, le projet devrait générer plus de 1 000 milliards de FCFA de recettes fiscales, tout en favorisant l’intégration des communautés locales et le transfert de compétences.

Soutenu par un code minier clair, une stabilité politique reconnue, un approvisionnement énergétique fiable et un fort appui institutionnel, le projet Koné illustre la capacité du pays à transformer son potentiel géologique en levier durable de croissance économique.

Une leçon régionale

La comparaison établie par l’expert met en lumière une réalité désormais incontournable en Afrique : la compétitivité minière ne se joue plus uniquement sur la richesse du sous-sol, mais sur la qualité de la gouvernance, la vision stratégique des États et la crédibilité des réformes.

À ce titre, le projet Koné apparaît comme un signal fort envoyé aux investisseurs, confirmant la Côte d’Ivoire comme l’une des destinations minières les plus attractives du continent, tandis que le Cameroun reste confronté à l’urgence de réformes structurelles s’il veut rattraper son retard.

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