Présenté comme un projet structurant, cet accord vise à repositionner durablement la Libye sur les grandes routes du commerce maritime régional et international, dans un contexte de recomposition des chaînes logistiques en Méditerranée.
L’accord a été conclu entre l’Autorité de la zone franche de Misrata et un consortium international conduit par Terminal Investment Limited (TiL), filiale spécialisée dans l’exploitation portuaire du géant mondial du transport maritime Mediterranean Shipping Company (MSC). À ses côtés figure Maha Capital Partners, un investisseur qatari spécialisé dans les infrastructures stratégiques, apportant des capitaux et une expertise financière de long terme. Ce consortium associe ainsi des intérêts suisses (MSC/TiL), qataris (Maha Capital Partners) et italiens, MSC étant historiquement liée à l’Italie par ses opérations et ses réseaux logistiques en Méditerranée.
L’investissement global annoncé est estimé à 2,7 milliards de dollars US. Il s’inscrit dans un partenariat public-privé (PPP), dans lequel l’État libyen conserve la propriété stratégique des infrastructures via la zone franche de Misrata, tandis que le consortium assure le financement, le développement, l’exploitation et la gestion opérationnelle du terminal.
Le projet porte sur l’extension du terminal à conteneurs, la modernisation des quais et des équipements portuaires, l’augmentation des capacités de stockage et de manutention et l’intégration de standards internationaux de sûreté, de digitalisation et de performance logistique.
À terme, le port de Misrata doit être en mesure d’accueillir des navires de plus grande capacité et d’absorber un volume de trafic nettement supérieur à celui actuel, avec une montée en puissance progressive des activités.
Faire de Misrata un hub logistique régional
Avec l’entrée de MSC, premier armateur mondial de porte-conteneurs, la Libye cherche à s’arrimer directement aux grandes routes maritimes internationales.
L’objectif affiché est de transformer Misrata en hub logistique régional, capable de desservir la Libye, l’Afrique du Nord, le Sahel et certaines zones du Moyen-Orient, tout en jouant un rôle de plateforme de transbordement en Méditerranée centrale. Le partenariat prévoit également un transfert de savoir-faire en matière de gestion portuaire, de formation des ressources humaines locales et d’optimisation des flux logistiques, afin d’inscrire le projet dans une dynamique durable.
Pour le gouvernement d’union nationale de Libye, cet accord constitue un signal fort adressé aux investisseurs étrangers, dans un pays encore confronté à des fragilités institutionnelles mais désireux de relancer son économie hors hydrocarbures. Les autorités libyennes estiment que le projet générera des milliers d’emplois directs et indirects, renforcera les recettes non pétrolières de l’État et contribuera à la diversification de l’économie nationale. En s’appuyant sur un acteur mondial comme MSC et sur des capitaux qataris, la Libye affiche sa volonté de sécuriser des partenariats crédibles, de long terme, capables de redonner au pays une place stratégique dans le commerce maritime international.
