Le projet industriel de OPALM vise à rapprocher la transformation des zones de production pour améliorer les rendements, réduire les pertes et valoriser le travail des producteurs. Avec cette unité, l’entreprise entend générer des emplois, renforcer le développement économique local et contribuer aux objectifs nationaux de production et d’import-substitution.
Un positionnement stratégique au cœur des zones de production
OPALM est une entreprise agro-alimentaire, acteur de la première transformation de la filière huile de palme. Selon le coordonnateur de OPALM, Patrice YANTHO, CEO du cabinet international JMJ AFRICA, le choix d’implanter l’usine dans le Moungo répond à une logique économique et sociale claire :
Dans l’industrie agroalimentaire, deux options se présentent : s’installer à proximité du marché ou se rapprocher de la matière première. Nous avons choisi cette dernière. Le bassin du Moungo est une zone majeure de production d’huile de palme au Cameroun.
Le coordonnateur souligne que l’usine permettra d’accompagner les producteurs pour améliorer les rendements, aujourd’hui autour de 500 kg d’huile par hectare, et viser jusqu’à 2 tonnes par hectare grâce à un encadrement technique et des pratiques agricoles améliorées.
Objectifs nationaux et chiffres clés de la filière
Le ministre de l’Agriculture et du développement rural a rappelé que la filière palmier à huile doit se structurer pour combler le déficit national et redevenir exportatrice :
Il est nécessaire de consolider les acquis, réhabiliter les plantations, vulgariser l’usage des semences améliorées et des engrais, et renforcer l’encadrement des producteurs. Notre plan présidentiel intégré vise une augmentation de la production nationale de plus de 60 000 tonnes, s’ajoutant aux 125 000 tonnes déjà produites, pour atteindre l’objectif d’ici 2030 et combler le déficit actuel.
Il a insisté sur l’importance des centres d’excellence, qui permettront aux producteurs d’accéder à un matériel végétal de qualité et à des formations pour améliorer la productivité.
Une étape clé pour la transformation locale
Le Directeur général de OPALM a quant à lui salué la présence du ministre, symbole de l’accompagnement de l’État dans la stratégie de transformation locale, et rappelé la portée sociale et économique du projet :
La pose de cette première pierre traduit notre volonté de rapprocher les zones de production, de réduire les pertes et de valoriser le travail des opérateurs. Nous espérons que ce projet contribuera à la création d’emplois et au développement économique local.
Avec cette unité industrielle, OPALM confirme sa stratégie de production au plus près de la matière première et son engagement à transformer localement les produits agricoles. Le projet représente un tournant pour la filière palmier à huile au Cameroun, en conjuguant performance économique, soutien aux producteurs et contribution aux objectifs nationaux de production. Rappelons que la construction de cette huilerie à Lengué s’inscrit dans un vaste programme d’investissement de 45 milliards de OPALM visant entre autres à résorber le déficit d’huile de palme au Cameroun.
Le programme d’investissement OPLAM de 45 milliards de FCFA
La nouvelle unité de OPALM à Lengué s’inscrit dans une stratégie globale de son programme d’investissement visant à construire 5 huileries à travers le pays dans les bassins de production, pour atteindre une capacité totale de 108 000 tonnes par an. Cette approche favorise l’intégration verticale de la filière, de la production à la transformation, et renforce la compétitivité industrielle du Cameroun.
La construction de cette usine avec une capacité de transformation annuelle de 25 000 tonnes pour un investissement de 9 milliards de FCFA rentre dans le cadre de l’opérationnalisation du cahier de charges entre l’Etat du Cameroun et OPALM signé le 22 décembre 2025 à Yaoundé. Elle permettra de compléter la couverture industrielle du bassin de production et d’augmenter la production nationale, contribuant à la réduction du déficit en huile de palme brute et à la sécurisation de l’approvisionnement pour l’industrie agroalimentaire.
Après avoir repris l’usine de la Socapalm d’Eséka, OPALM a investit 13 milliards de FCFA pour porter sa production de 7 000 tonnes à 25 000 tonnes, et injecté 8 milliards de FCFA supplémentaires.
Le programme d’investissement OPALM devrait générer à termes 450 emplois directs et près de 1 200 emplois indirects et induits, contribuant à la stabilité économique et à la transformation locale.