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Huile de palme au Cameroun : Opalm reprend Eséka à la Socapalm avec l’ambition de tripler ses capacités

Plus qu'une simple cession d'actifs, cette opération marque le lancement d'un programme ambitieux visant à multiplier par trois les capacités de transformation locale d'Eseka. L'objectif est de taille : injecter plus de 100 000 tonnes d'huile de palme supplémentaire sur le marché pour réduire de moitié le déficit structurel du pays et renforcer la souveraineté alimentaire du Cameroun.

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Socapalm

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La dynamique d’industrialisation de la filière huile de palme au Cameroun franchit un nouveau cap. Après la signature, le 22 décembre 2025 à Yaoundé, de conventions d’investissement avec l’État camerounais, la société Opalm engage concrètement la mise en œuvre de son programme industriel, adossé à un investissement global de 45 milliards de FCFA pour la construction de cinq unités de transformation.

En fin 2025, dans son programme industriel visant à construire et exploiter cinq usines de transformation de noix de palme, Opalm a signé deux conventions d’investissement avec le gouvernement du Cameroun dont l’un avec les ministres de l’Agriculture (MINADER), du Commerce et de l’Industrie (MINCOMMERCE), et une autre convention d’agrément aux incitations avec l’Agence de promotion des investissements (API). Avec le ministère de l’Agriculture, Opalm a en plus signé un cahier de charges qui définit l’écosystème et les synergies entre les acteurs de la filière pour un meilleur encadrement des producteurs de noix de palme.

Ces conventions conclues en présence des autorités administratives et des responsables sectoriels  encadrent juridiquement le déploiement d’un projet structurant visant à accroître l’offre locale d’huile de palme brute et à réduire le déficit de 50%.

Une montée en puissance industrielle assumée

Au-delà de l’annonce initiale des cinq huileries, Opalm a dévoilé, lors des échanges tenus ce 18 février 2026 à Eséka, que l’une des premières unités à entrer en production sera adossée au bassin du Nyong-et-Kéllé, dans la région du Centre. L’entreprise affiche surtout une ambition plus large : multiplier par trois les capacités de transformation prévues pour cette première usine, afin d’en faire un pôle industriel de référence dans la zone.

Cette orientation stratégique ressort des discussions organisées à Eséka entre les responsables d’Opalm, les représentants de la Société camerounaise de Palmeraies (Socapalm), les autorités administratives locales ainsi que les acteurs de la filière. Les échanges ont porté sur la transition opérationnelle du site, l’intégration des personnels et les perspectives d’augmentation rapide des volumes transformés.

Réduire le déficit structurel de 50 %

L’objectif affiché est clair : contribuer à résorber un déficit national estimé à près de 50 % en matière d’huile de palme brute. Le Cameroun fait face à un manque évalué à environ 300 000 tonnes par an, ce qui alimente un recours massif aux importations, avec un impact direct sur la balance commerciale et les coûts pour les industries locales de deuxième transformation. Selon Gabriel Mbairobe, ministre de l’Agriculture et du Développement rural :

Le Cameroun importe chaque année entre 200 000 et 300 000 tonnes d’oléines d’huile pour compléter les besoins nationaux qui représentent plus de 100 milliards de FCFA.

Gabriel Mbairobe, ministre de l’Agriculture et du Développement rural,

En injectant à terme près de 108 000 tonnes supplémentaires sur le marché national, le programme d’Opalm entend réduire significativement ce gap structurel et renforcer la souveraineté agro-industrielle du pays.

La cession d’Eséka, levier de consolidation

C’est dans ce contexte qu’intervient la cession de la plantation d’Eséka par la Société Camerounaise de Palmeraies (Socapalm) à la société Opalm, officialisée par communiqué le 18 février 2026 depuis Douala. L’opération s’inscrit, selon l’agro-industrie historique Socapalm, dans une logique de consolidation et de régulation de la filière, avec pour finalité un renforcement durable de la production nationale.

La Socapalm précise qu’il ne s’agit nullement d’un désengagement du Cameroun, l’entreprise conservant ses autres plantations. La transition prévoit le transfert intégral du personnel vers Opalm, avec maintien des droits acquis, de l’ancienneté et des avantages sociaux, afin de garantir une continuité sociale et opérationnelle.

L’entreprise annonce par ailleurs un accompagnement technique et managérial à Opalm dans la prise en main du site, pour assurer une transition progressive et sécurisée.

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