Le gouvernement gabonais enclenche une réponse budgétaire ciblée face à la pression persistante sur les prix. Pendant six mois, les droits et taxes à l’importation, la TVA ainsi que la redevance de scanning seront suspendus sur une série de produits de première nécessité et sur certains intrants du bâtiment.
La mesure couvre un panier élargi de denrées alimentaires viandes, volailles, poissons, produits laitiers, conserves, riz, pâtes, huiles et sucre ainsi que des matériaux stratégiques tels que le fer à béton, le ciment, le gravier et le sable. En combinant allègement fiscal et ciblage sectoriel, l’exécutif cherche à produire un effet rapide sur les prix à la consommation tout en soutenant une filière BTP déjà fragilisée par la hausse des coûts d’importation.
Un levier budgétaire pour stabiliser les prix
Sur le plan macroéconomique, cette suspension temporaire constitue un arbitrage clair : accepter un manque à gagner fiscal à court terme pour éviter une détérioration plus profonde de la demande intérieure. En théorie, la suppression des droits d’entrée et de la TVA doit réduire les prix de revient des importateurs et, par ricochet, les prix finaux. L’enjeu réside toutefois dans la transmission effective de cet allègement jusqu’au consommateur. Sans mécanisme de contrôle ou de suivi, une partie du gain pourrait être absorbée par les marges intermédiaires.
Pour le secteur de la construction, l’impact pourrait être significatif. Le fer à béton et le ciment représentent une part substantielle des coûts de chantier. Leur allègement fiscal pourrait relancer certains projets en attente, soutenir l’emploi informel lié au BTP et contenir la flambée des loyers dans les zones urbaines.
Reste la question de la soutenabilité budgétaire. Dans un contexte où les finances publiques dépendent encore fortement des recettes pétrolières, toute suspension fiscale doit être compensée soit par une meilleure mobilisation des recettes non pétrolières, soit par une rationalisation des dépenses. La durée limitée à six mois traduit une volonté d’intervention conjoncturelle plutôt qu’un changement structurel de politique fiscale.
Au-delà de l’effet immédiat sur les prix, cette décision envoie un signal politique fort : la priorité accordée à la protection des ménages vulnérables et à la stabilité sociale. L’efficacité réelle de la mesure se mesurera toutefois dans les rayons des marchés et sur les chantiers, là où l’économie tangible prend le relais des annonces budgétaires.
