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Tilapia : à Mekin, le Cameroun veut réduire une facture de 167 milliards FCFA avec IPM SA

Le projet IPM SA à Mekin répond à un déséquilibre structurel du marché camerounais du poisson. Le pays consomme environ 500 000 tonnes par an, alors que la production locale dépasse à peine 230 000 tonnes. Le déficit est donc massif. Pour combler ce manque, le Cameroun importe chaque année d’importantes quantités de poisson congelé.

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En 2024, plus de 207 000 tonnes ont été achetées à l’étranger, pour une facture estimée à 167,3 milliards de FCFA. Ce montant illustre le potentiel économique que représente une production locale compétitive. Le projet est implanté autour du barrage exploité par Hydro Mekin, un choix stratégique qui garantit un accès stable à l’énergie, élément clé pour la transformation et la conservation.

Un modèle intégré pour réduire les coûts

Le projet repose sur une logique simple : produire localement les aliments (maïs et soja), élever le tilapia, puis assurer sa transformation sur place. Cette intégration permet de mieux contrôler les coûts, notamment ceux liés à l’alimentation, qui représentent la plus grande part des dépenses en aquaculture. En maîtrisant toute la chaîne de valeur, l’entreprise cherche à limiter sa dépendance aux importations d’intrants et à stabiliser ses marges. Cette stratégie vise surtout à rendre le poisson local plus compétitif face aux produits importés.

Un marché important, mais une équation économique à résoudre

Le potentiel est réel. Avec une facture d’importation annuelle dépassant 160 milliards de FCFA, le marché local offre une opportunité claire pour les producteurs nationaux. Si une partie de ces volumes est captée par une production industrielle locale, l’impact sur la balance commerciale pourrait être significatif.

Cependant, la réussite dépendra de plusieurs facteurs : la capacité à produire en grande quantité, à maintenir des coûts maîtrisés, à respecter les normes environnementales et à organiser une distribution efficace. L’enjeu dépasse donc la simple production de tilapia. Il s’agit de démontrer que l’agro-industrie camerounaise peut fonctionner à grande échelle, avec des standards techniques élevés et une vraie compétitivité. Mekin apparaît ainsi comme un test stratégique. Si le modèle fonctionne, il pourrait servir d’exemple pour d’autres filières agricoles. Sinon, il mettra en lumière les limites structurelles de l’industrialisation agroalimentaire dans le pays.

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