L’activité a repris à l’usine CIMFIG de Figuil, filiale de Cimencam (groupe Holcim), mettant fin à une interruption de production qui avait perturbé le marché du ciment dans le nord du Cameroun. Selon les informations communiquées par le directeur de l’usine, Pierre Paul Mbarga, le site industriel est de nouveau alimenté en électricité depuis le 13 juin, après des échanges entre les autorités publiques et les responsables du groupe Lafarge-Holcim.
Cette reprise intervient dans un contexte où les tensions sur le Réseau interconnecté Nord (RIN), alimenté principalement par le barrage hydroélectrique de Lagdo, avaient conduit à l’effacement temporaire de plusieurs gros consommateurs industriels afin de préserver la stabilité du réseau électrique.
Une reprise qui limite les tensions sur le marché du ciment
L’arrêt de l’usine de Figuil avait rapidement provoqué des perturbations dans l’approvisionnement en ciment des régions du Nord, de l’Adamaoua et de l’Extrême-Nord. Dans certaines localités comme Garoua, le prix du sac de ciment avait atteint jusqu’à 9 000 FCFA, contre des niveaux habituellement observés autour des prix homologués sur le marché.
La reprise des activités devrait permettre de stabiliser progressivement l’offre dans cette partie du pays, où l’usine de Figuil joue un rôle stratégique dans la distribution du ciment. Mise en service officiellement en juin 2025, cette infrastructure industrielle a nécessité un investissement de plus de 50 milliards de FCFA. Elle dispose d’une capacité annuelle de production de 500 000 tonnes de ciment.
Grâce à cette nouvelle unité, Cimencam a porté sa capacité totale de production à environ 2,3 millions de tonnes par an, renforçant ainsi sa position sur un marché camerounais du ciment en pleine expansion. Selon les projections du ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt), la capacité nationale de production pourrait atteindre 12,7 millions de tonnes par an avec les nouveaux projets industriels en cours.
Le déficit énergétique au cœur des difficultés industrielles
La suspension temporaire des activités de CIMFIG trouve son origine dans les difficultés énergétiques qui affectent actuellement le Réseau interconnecté Nord. Ce réseau dépend principalement du barrage hydroélectrique de Lagdo, dont la puissance installée est estimée à 72 MW selon les données de l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (Arsel).
La baisse du niveau d’eau du barrage, liée à un déficit hydrique sur le bassin de la Bénoué, a réduit les capacités de production électrique disponibles pour les régions septentrionales. Face à cette situation, l’opérateur du réseau avait procédé à des mesures de régulation visant à réduire la consommation des grands sites industriels raccordés au réseau.
L’intervention des autorités publiques a toutefois permis le rétablissement progressif de l’alimentation électrique de l’usine après une rencontre entre le ministre de l’Eau et de l’Énergie et une délégation du groupe Lafarge-Holcim.
Plus de 900 emplois concernés par la continuité des activités
Au-delà des tensions observées sur le marché du ciment, l’arrêt de l’usine faisait également peser des risques sur l’emploi industriel dans la localité de Figuil. Selon les données communiquées lors du lancement du projet, l’unité industrielle devait générer plus de 900 emplois directs et indirects.
L’épisode remet ainsi en lumière les enjeux liés à la sécurisation de l’approvisionnement énergétique dans les régions septentrionales du Cameroun, où plusieurs projets industriels restent dépendants de la stabilité du réseau électrique.
La reprise des activités de l’usine CIMFIG de Figuil marque un retour progressif à la normale sur le marché du ciment dans le Nord-Cameroun après deux semaines de perturbations. Pour cette infrastructure industrielle de 50 milliards de FCFA, capable de produire 500 000 tonnes de ciment par an, le redémarrage des installations permet non seulement de réduire les tensions sur les prix, mais aussi de préserver des centaines d’emplois liés à l’activité du site. L’épisode souligne toutefois la dépendance des investissements industriels du septentrion à la stabilité de l’approvisionnement énergétique régional.
