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Cacao : la Côte d’Ivoire et le Ghana harmonisent leurs politiques face à la baisse des cours

Premiers producteurs mondiaux de cacao, la Côte d’Ivoire et le Ghana ont décidé d’approfondir leur coopération afin d’harmoniser leurs politiques de commercialisation et d’améliorer les revenus des producteurs. Cette démarche intervient alors que les deux pays représentent près de 60 % de l’offre mondiale, selon l’Organisation internationale du cacao (ICCO), et cherchent à accroître leur poids dans une industrie évaluée à plusieurs dizaines de milliards de dollars.

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Premiers producteurs mondiaux de cacao, la Côte d’Ivoire et le Ghana ont décidé d’approfondir leur coopération afin d’harmoniser leurs politiques de commercialisation et d’améliorer les revenus des producteurs. Cette démarche intervient alors que les deux pays représentent près de 60 % de l’offre mondiale, selon l’Organisation internationale du cacao (ICCO), et cherchent à accroître leur poids dans une industrie évaluée à plusieurs dizaines de milliards de dollars.

Le sommet de haut niveau sur l’avenir du cacao, organisé le 16 juin à Abidjan, a marqué une nouvelle étape dans la coopération entre la Côte d’Ivoire et le Ghana. Les présidents Alassane Ouattara et John Dramani Mahama ont réaffirmé leur volonté de coordonner davantage leurs politiques afin de protéger les revenus des producteurs et de renforcer la compétitivité de la filière.

Cette initiative intervient dans un contexte de fortes fluctuations du marché mondial. Selon le gouvernement ivoirien, après avoir atteint des niveaux historiques en 2024 et 2025, les cours internationaux du cacao ont connu une forte correction depuis la fin de l’année 2025, obligeant les deux principaux producteurs mondiaux à repenser leur stratégie commune.

Une alliance entre les deux poids lourds du cacao mondial

La Côte d’Ivoire demeure le premier producteur mondial de cacao avec une production annuelle qui oscille généralement entre 1,8 et 2 millions de tonnes, selon les données de l’Organisation internationale du cacao (ICCO). Le Ghana conserve sa place de deuxième producteur mondial. Ensemble, les deux pays assurent près de 60 % de l’approvisionnement mondial en fèves de cacao, d’après l’ICCO.

Pour les deux gouvernements, cette position dominante doit désormais se traduire par une capacité plus importante à influencer les conditions de commercialisation internationales. L’enjeu est considérable puisque plusieurs millions de producteurs et de travailleurs dépendent directement de la filière cacao dans les deux pays.

Harmonisation des prix : réduire les distorsions entre les marchés

L’un des principaux axes de coopération concerne le rapprochement des prix payés aux producteurs. En Côte d’Ivoire, le prix bord champ du cacao a atteint un niveau record de 2 800 FCFA par kilogramme lors de la campagne principale 2025-2026, selon le Conseil du Café-Cacao (CCC). Plus de 1,5 million de tonnes ont été commercialisées à ce tarif avant la baisse récente des cours internationaux, d’après les autorités ivoiriennes.

Au Ghana, le gouvernement a annoncé en février 2026 un nouveau prix producteur fixé à 41 392 cédis par tonne, soit environ 3 580 dollars américains la tonne, selon le Ghana Cocoa Board (COCOBOD). Les autorités ghanéennes ont également indiqué vouloir garantir aux producteurs au moins 70 % du prix FOB des exportations.

L’objectif de l’harmonisation est de réduire les écarts de rémunération qui favorisent parfois les mouvements transfrontaliers de cacao entre les deux pays. Une meilleure coordination des prix et des calendriers de commercialisation pourrait ainsi renforcer la stabilité de la filière régionale, selon les responsables du secteur.

Transformation locale : capter davantage de valeur ajoutée

Au-delà de la commercialisation des fèves, Abidjan et Accra souhaitent accélérer la transformation locale du cacao. Selon les données du Ghana Cocoa Board (COCOBOD), le Ghana transforme actuellement entre 30 % et 40 % de sa production et ambitionne de porter ce taux à au moins 50 % au cours des prochaines années.

Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu est également stratégique. Bien que le pays soit le premier producteur mondial, une grande partie de la valeur générée par l’industrie du chocolat continue d’être captée hors du continent africain. Les autorités ivoiriennes misent ainsi sur le développement des capacités industrielles locales pour accroître les recettes d’exportation, créer davantage d’emplois et réduire la dépendance aux seules exportations de fèves brutes. Cette orientation s’inscrit dans une stratégie plus large d’industrialisation et de transformation structurelle de l’économie.

Une stratégie commune pour peser davantage sur le marché mondial

En coordonnant leurs politiques, la Côte d’Ivoire et le Ghana cherchent à renforcer leur pouvoir de négociation face aux grands négociants et industriels internationaux. Selon l’Organisation internationale du cacao (ICCO), les deux pays fournissent ensemble environ six fèves de cacao sur dix consommées dans le monde. Cette position leur permet théoriquement d’exercer une influence significative sur les mécanismes de fixation des prix et sur les conditions de commercialisation de la matière première.

Les autorités espèrent également limiter les effets de la volatilité des marchés. Selon les données communiquées par le gouvernement ivoirien, les cours mondiaux du cacao ont enregistré une forte baisse entre la fin de l’année 2025 et le début de l’année 2026 après les records historiques observés précédemment.

Le rapprochement stratégique entre la Côte d’Ivoire et le Ghana marque une nouvelle phase dans la gouvernance mondiale du cacao. Forts de leur statut de premiers producteurs mondiaux, les deux pays cherchent désormais à transformer leur poids agricole en véritable pouvoir économique. Harmonisation des prix, coordination des politiques commerciales et développement de la transformation locale constituent les principaux leviers de cette stratégie commune, dont l’objectif final reste l’amélioration durable des revenus des millions de producteurs qui font vivre la filière cacao en Afrique de l’Ouest.

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