prometal

Mines : la Namibie relance son cuivre pour doper ses recettes et son PIB

Alors que le cuivre devient l’un des métaux les plus recherchés au monde dans le contexte de la transition énergétique, la Namibie tente de repositionner sa filière cuprifère après plusieurs années de ralentissement. Entre nouveaux projets miniers, accords d’écoulement déjà négociés et hausse des recettes minières nationales, Windhoek cherche à diversifier un secteur historiquement dominé par l’uranium et les diamants.

6 Min Lecture

Suivez-nous sur nos chaînes   chaîne Telegram Invest-Time chaîne WhatsApp Invest-Time chaîne TikTok Invest-Time

La signature d’un accord entre Hartree Metals et Bezant Resources pour l’achat de la future production de la mine Hope & Gorob confirme le retour progressif de la Namibie dans le paysage africain du cuivre. Ce regain d’intérêt intervient dans un contexte mondial marqué par les inquiétudes sur l’approvisionnement futur en métaux stratégiques.

Pour la Namibie, l’enjeu est également économique et budgétaire. Selon les chiffres publiés en 2026 par la Chambre des mines de Namibie, le secteur minier a généré 64,18 milliards de dollars namibiens (environ 3,9 milliards USD) de revenus en 2025, malgré une contraction globale de l’activité minière de 9,4 %. La même source précise que le secteur a contribué à hauteur d’environ 14 % du PIB national. Source : Chambre des mines de Namibie, Annual Review 2025 relayé par Xinhua et Mining & Energy Namibia. Dans ce contexte, le cuivre apparaît désormais comme un levier potentiel de diversification pour une économie encore fortement dépendante de l’uranium, de l’or et des diamants.

Le secteur minier reste l’un des principaux soutiens des finances publiques

La montée en puissance des projets cuprifères intervient alors que le secteur minier continue de jouer un rôle central dans les recettes publiques namibiennes. Selon les chiffres officiels communiqués par la Chambre des mines de Namibie lors de son assemblée générale de mai 2026, l’industrie minière a versé 7,8 milliards de dollars namibiens à l’État en 2025 sous forme de taxes, royalties et prélèvements à l’exportation, soit une hausse de 39 % par rapport aux 5,6 milliards enregistrés en 2024. Source : Chambre des mines de Namibie relayée par The Namibian et The Extractor Magazine.

Dans le détail, les royalties minières ont atteint 2,5 milliards de dollars namibiens tandis que les taxes à l’exportation ont progressé de 90 % pour atteindre 685 millions de dollars namibiens. Les autorités minières namibiennes expliquent cette progression par la bonne tenue des prix de l’or et de l’uranium sur les marchés internationaux. Pour Windhoek, l’émergence de nouveaux projets cuprifères pourrait permettre d’élargir davantage cette base fiscale dans les prochaines années.

Hope & Gorob et Omitiomire symbolisent le retour du cuivre

La future mine Hope & Gorob, portée par Bezant Resources, représente aujourd’hui l’un des projets les plus avancés de cette relance. Même si les volumes attendus n’ont pas encore été officiellement publiés, le fait que Hartree Metals ait sécurisé 100 % de la future production montre que les négociants internationaux anticipent déjà un déficit futur sur le marché mondial du cuivre.

Le projet Omitiomire, développé par Appian Capital Advisory, constitue un autre pilier stratégique. Selon les informations communiquées par les promoteurs et relayées par la Chambre des mines de Namibie, cette future mine pourrait produire environ 30 000 tonnes de cuivre par an pendant 15 ans. Les ressources identifiées sur le site sont estimées à près de 95,8 millions de tonnes de minerai avec une teneur moyenne de 0,59 % de cuivre. Source : Chambre des mines de Namibie. Parallèlement, le projet Haib poursuit également ses travaux de développement. Ce gisement situé dans le sud du pays renfermerait environ 2,09 millions de tonnes de ressources cuprifères selon les données techniques publiées par ses promoteurs.

Le cuivre pourrait renforcer l’emploi et la commande locale

Au-delà des recettes fiscales, les autorités namibiennes misent également sur les effets indirects du secteur minier sur l’économie locale. Selon le rapport annuel 2025 de la Chambre des mines, l’industrie minière a soutenu plus de 166 000 emplois directs et indirects dans le pays en 2025. Les emplois directs représentaient environ 20 798 postes tandis que les dépenses salariales du secteur ont atteint 7,96 milliards de dollars namibiens.

Le secteur minier namibien a également dépensé 23,97 milliards de dollars namibiens en achats locaux de biens et services en 2025, représentant 65 % des dépenses totales d’approvisionnement du secteur. Source : Chambre des mines de Namibie. Pour les autorités, l’objectif est désormais de maximiser les retombées locales des futurs projets cuprifères à travers la sous-traitance, l’emploi local et les infrastructures.

Une opportunité liée à la transition énergétique mondiale

Cette relance du cuivre intervient dans un contexte mondial particulièrement favorable aux métaux stratégiques. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande mondiale de cuivre devrait fortement augmenter sous l’effet du développement des véhicules électriques, des réseaux électriques et des infrastructures énergétiques. Plusieurs analystes estiment déjà que le marché mondial pourrait entrer dans une phase de déficit structurel d’ici la prochaine décennie. Cette perspective pousse les grands négociants à sécuriser dès maintenant de futures capacités de production, y compris dans des juridictions minières moins traditionnelles comme la Namibie.

Le pays tente ainsi de profiter d’une fenêtre stratégique au moment où les investisseurs recherchent de nouvelles zones d’approvisionnement relativement stables sur le continent africain. La relance progressive de la filière cuivre pourrait permettre à la Namibie d’engager une nouvelle phase de diversification minière. Dans un secteur encore dominé par l’uranium, l’or et les diamants, les projets Hope & Gorob, Omitiomire ou encore Haib pourraient progressivement faire du cuivre un nouveau pilier des exportations nationales.

Pour en savoir plus...

Explorez des contenus similaires sur les mots clés :