Cette visite intervient dans un contexte où le Gabon explore la possibilité d’un nouveau programme avec le FMI, après la fin du précédent dispositif en juillet 2024. Toutefois, la cheffe de mission a tenu à clarifier la nature du déplacement : il s’agit d’une mission technique de staff, et non de négociations formelles.
Nous ne sommes pas là pour des négociations, mais pour échanger avec le gouvernement et faire des mises à jour concernant la situation économique et fiscale,
a déclaré Aliona Cebotari à la presse. Diagnostic macroéconomique et priorités de réforme
Les échanges avec le chef de l’État ont porté principalement sur l’évaluation approfondie de la situation macroéconomique et budgétaire, l’analyse des équilibres financiers internes et externes, ainsi que sur l’identification des priorités d’investissement en lien avec l’ambition de transformation économique affichée par les autorités.
L’objectif affiché par la mission est clair : collecter les données les plus récentes auprès des administrations, notamment celles en charge des Finances, afin d’établir un diagnostic partagé.
Nous essayons de voir exactement quelles sont les intentions du gouvernement, quels sont ses plans en matière de réformes pour l’avenir. Le but est d’établir un diagnostic commun de la situation
a précisé la cheffe de mission. Une dette sous pression et des besoins urgents
Les chiffres relayés par les médias spécialisés gabonais indiquent que la dette publique dépasserait 80 % du PIB en 2025, un niveau jugé préoccupant dans l’espace CEMAC. À cela s’ajoutent d’importants besoins de trésorerie liés au service de la dette, aux arriérés intérieurs et au financement des investissements prioritaires.
Dans ce contexte, un programme avec le FMI apparaît comme un levier stratégique. Il permettrait non seulement de mobiliser des ressources concessionnelles, mais aussi d’envoyer un signal rassurant aux marchés et aux bailleurs bilatéraux. Les autorités mettent en avant la nécessité de sécuriser un cadre macroéconomique stable pour accompagner les réformes économiques en cours.
Nouvelle dynamique institutionnelle
Un élément clé du climat économique actuel est le changement de représentant résident du FMI à Libreville, avec l’arrivée en septembre 2025 d’un nouveau chef de mission, Alain Gaugris, en remplacement de son prédécesseur. Selon plusieurs sources, cette transition illustre à la fois l’intérêt continu du FMI pour la situation gabonaise et les attentes de l’institution quant à des résultats concrets en termes de discipline budgétaire avant de débloquer un programme massif de financement.
Selon les analyses publiées localement, le FMI attend des avancées concrètes sur la maîtrise de la masse salariale publique, la réduction des exonérations fiscales et l’amélioration de la transparence dans la gestion des finances de l’État. Ces axes devraient constituer la colonne vertébrale d’un éventuel nouveau programme, possiblement structuré autour d’une Facilité élargie de crédit (FEC).
Un levier pour la diversification économique
Un accord avec le FMI pourrait soutenir la mise en œuvre du Plan national de Croissance et de Développement 2026-2030, ainsi que les projets portés par le Fonds Gabonais d’Investissements Stratégiques (FGIS), notamment les six fonds sectoriels stratégiques récemment annoncés (énergie et eau, pêche et aquaculture, habitat, infrastructures, agriculture et manganèse).
En toile de fond, les autorités cherchent à concilier discipline macroéconomique et ambition de transformation structurelle, dans un contexte international marqué par la volatilité des cours du pétrole et du manganèse. À ce stade, aucune date officielle n’a encore été annoncée pour la signature d’un accord. Mais selon la presse gabonaise, les signaux convergent vers une accélération des négociations en 2026.