Burkina Faso : Bonkoungou vs Nassa, le duel des milliardaires pour contrôler l’empire TotalEnergies

Au Burkina Faso, la cession d’un réseau d’environ 170 stations-service par TotalEnergies suscite une rivalité entre deux figures majeures du secteur privé national : Mahamadou Bonkoungou et Nassa Idrissa. L’opération, qui concerne des infrastructures stratégiques pour l’approvisionnement en carburant, place au centre du débat la montée des capitaux locaux dans le secteur énergétique au Burkina Faso.

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Fondateur du groupe EBOMAF, actif dans les infrastructures et les travaux publics en Afrique de l’Ouest, Mahamadou Bonkoungou figure parmi les principaux entrepreneurs burkinabè. De son côté, Idrissa Nassa est le fondateur de Coris Bank International et du holding d’investissement Coris Invest Group, présent dans la finance, l’assurance et l’investissement industriel.

Le différend entre les deux hommes d’affaires est apparu à la suite du processus de cession d’actifs engagé par TotalEnergies dans le pays. Le groupe énergétique a entrepris de transférer la gestion d’un réseau d’environ 170 stations-service et infrastructures associées à un opérateur local. Selon les informations rendues publiques, Coris Invest Group aurait structuré l’acquisition de ces actifs et créé une nouvelle entité baptisée Barka Energies pour en assurer l’exploitation.

Toutefois, Mahamadou Bonkoungou conteste l’attribution et le contrôle de ces actifs, ouvrant un différend autour de la gestion et de la propriété du réseau concerné. L’enjeu porte sur un segment stratégique du marché de la distribution des produits pétroliers, essentiel pour l’approvisionnement du pays en carburant, le fonctionnement du transport routier et les activités minières.

Des solutions en discussions

Plusieurs options sont actuellement envisagées pour résoudre le différend. Le gouvernement burkinabè pourrait arbitrer le dossier et valider définitivement la reprise des actifs par le groupe initialement désigné. Dans ce cas, les stations-service resteraient sous la gestion de Barka Energies, appuyée par le groupe de Idrissa Nassa, et l’opération se poursuivrait selon les termes convenus. Une autre option consisterait à réorganiser l’opération par un partenariat ou une participation conjointe. Le groupe d’EBOMAF pourrait alors entrer au capital de la structure qui exploite les stations, permettant un modèle de co-investissement entre les deux groupes. Si le différend perdure, il pourrait être soumis aux juridictions compétentes ou à un mécanisme d’arbitrage commercial afin de vérifier la validité du processus de cession et la conformité des contrats.

Quelle que soit l’issue, la cession des actifs de TotalEnergies pourrait entraîner une recomposition du marché de la distribution de carburant au Burkina Faso, avec un renforcement des investisseurs locaux dans la gestion d’infrastructures énergétiques stratégiques et une redistribution des parts de marché entre acteurs nationaux.

Ce type de projet de reprise d’infrastructures énergétiques par des acteurs locaux n’est pas nouveau au Burkina Faso. Des initiatives similaires avaient déjà été engagées par le passé pour transférer la gestion de certaines stations-service et infrastructures pétrolières à des opérateurs nationaux, dans le cadre d’une politique visant à renforcer la participation locale dans un secteur longtemps dominé par des multinationales.

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