Dans un contexte où la transformation locale des produits agricoles reste limitée et où plusieurs filières peinent à attirer des investissements structurants, l’Union européenne met en place un programme d’appui destiné à renforcer l’organisation et la compétitivité de certaines chaînes de valeur. Le dispositif concerne notamment le cacao, le manioc, le riz, le maïs et la filière bois.
Le programme sera déployé dans cinq régions du pays : la Région du Nord, l’Extrême-Nord, le Sud-Ouest, l’Est et la Région du Sud. Ces zones concentrent une part importante de la production agricole et forestière du pays, mais disposent encore d’un tissu industriel limité pour la transformation des matières premières.
Un levier pour attirer les investissements privés
Le PADCV repose sur un mécanisme de financement destiné à déclencher des investissements supplémentaires dans les filières ciblées. Si l’enveloppe initiale mobilisée par l’Union européenne est estimée à 15 millions d’euros, le programme prévoit un effet multiplicateur susceptible de générer jusqu’à 59 milliards de FCFA d’investissements, notamment de la part d’entreprises privées et d’institutions financières.
Dans plusieurs filières agricoles camerounaises, l’accès au financement constitue en effet l’un des principaux obstacles au développement des activités de transformation. Les micro, petites et moyennes entreprises rencontrent souvent des difficultés à mobiliser des capitaux pour moderniser leurs équipements, développer la logistique ou améliorer les capacités de stockage. L’approche adoptée par le programme vise donc à soutenir ces entreprises tout en améliorant l’environnement des affaires autour des chaînes de valeur.
Des filières à fort potentiel de transformation
Le choix des chaînes de valeur ciblées repose sur leur poids dans l’économie nationale et leur potentiel de création de valeur ajoutée. Le Cameroun fait partie des principaux producteurs africains de cacao, mais une part importante de la production est exportée sous forme de fèves brutes, avec une transformation locale encore limitée. Dans le même temps, des cultures vivrières comme le manioc, le maïs ou le riz occupent une place centrale dans l’alimentation et l’économie rurale, mais restent souvent peu structurées sur le plan industriel.
Dans la filière bois, le pays dispose d’importantes ressources forestières, mais les politiques publiques encouragent depuis plusieurs années la transformation locale du bois afin de réduire les exportations de grumes et de renforcer la valeur ajoutée sur le territoire.
Un accent sur les jeunes, les femmes et le numérique
Le programme prévoit également un appui ciblé à l’entrepreneuriat féminin et à l’insertion économique des jeunes. Les résultats attendus incluent notamment la création d’emplois dans les services numériques liés aux chaînes de valeur agricoles, ainsi que l’accompagnement d’au moins une centaine de femmes dans le développement d’activités économiques.
L’intégration d’outils numériques dans la gestion des chaînes de valeur qu’il s’agisse de la traçabilité des produits, de l’accès aux marchés ou de la logistique constitue également l’un des axes du programme. Un dispositif qui s’inscrit dans les politiques de transformation locale
Le PADCV intervient alors que les autorités camerounaises cherchent à renforcer la transformation locale des ressources agricoles et forestières, notamment dans le cadre des stratégies de développement industriel et agricole. L’objectif affiché consiste à augmenter la valeur ajoutée produite sur le territoire et à favoriser la création d’emplois dans les zones rurales.
Dans ce contexte, le programme financé par l’Union européenne vise à améliorer l’organisation des filières, faciliter l’accès au financement pour les entreprises et stimuler les investissements dans les activités de transformation et de services associés.