Crise du carburant au Mali : l’arrivée massive de camions-citernes à Bamako sonne-t-elle la fin de la pénurie ?

Le 1ᵉʳ avril 2026, plusieurs centaines de camions‑citernes transportant des hydrocarbures ont été réceptionnés à Bamako. Cette opération vise à reconstituer les stocks nationaux et à stabiliser le marché dans un contexte de pénurie persistante, liée à des attaques sur les corridors routiers essentiels à l’approvisionnement du Mali.

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À Bamako, capitale du Mali, l’Office malien des produits pétroliers a réceptionné le 1ᵉʳ avril plusieurs centaines de camions‑citernes chargés d’essence, de gasoil et de kérosène. Cette initiative intervient dans un contexte de pénurie prolongée depuis fin 2025, provoquée par des attaques répétées et des blocages sur les corridors routiers reliant le Mali aux ports de la sous‑région. L’objectif principal de cette opération est de renforcer les stocks de carburant, sécuriser l’approvisionnement et stabiliser le marché intérieur.

Un pays dépendant des importations terrestres

Le Mali est un État enclavé, dépendant presque entièrement des corridors routiers pour ses importations de carburant depuis les ports d’Afrique de l’Ouest, notamment Abidjan et Dakar. Cette situation rend l’approvisionnement particulièrement sensible aux perturbations. Depuis fin 2025, des groupes armés non étatiques ont multiplié les attaques contre les camions‑citernes sur ces axes, réduisant considérablement les flux vers Bamako et les grandes villes. Ces incidents ont provoqué des ruptures dans les stations‑service et perturbé les activités économiques dépendantes du carburant.

Les chiffres de l’opération de ravitaillement

Depuis le début de l’année 2026, le Mali a déployé un effort logistique massif pour rétablir l’approvisionnement en carburant. Plusieurs milliers de camions‑citernes ont été mobilisés afin d’acheminer de l’essence, du gasoil et du kérosène vers Bamako et d’autres villes importantes. Entre janvier et mars, le volume total de carburant importé a dépassé les 54 millions de litres, mobilisant près de 1 200 camions‑citernes sur le seul mois de janvier.

Au cours de cette période, un convoi de plus de 500 camions‑citernes a été acheminé à la mi‑mars afin de renforcer les stocks et répondre à la demande accrue dans les stations‑service. Les livraisons hebdomadaires, qui avaient chuté à environ un tiers de leur niveau normal en raison des attaques sur les axes routiers, ont ainsi pu être partiellement rétablies. L’arrivée le 1ᵉʳ avril de plusieurs centaines de camions‑citernes à Bamako a constitué un nouveau jalon dans cette opération, permettant de stabiliser le marché et de préparer une distribution plus régulière vers les régions où l’accès au carburant reste fragile.

Objectifs affichés de l’opération

L’opération menée à Bamako poursuit plusieurs objectifs essentiels. Elle vise à reconstituer les stocks nationaux afin de garantir la disponibilité de carburant dans les dépôts et stations‑service. Elle cherche également à sécuriser l’approvisionnement énergétique en maintenant un flux régulier de produits pétroliers vers les zones urbaines et périurbaines. Enfin, elle contribue à stabiliser le marché intérieur, réduisant les effets de pénurie sur les services essentiels et sur les prix du carburant. Pour atteindre ces objectifs, les autorités ont renforcé la sécurité sur les axes stratégiques et mobilisé des escorteurs pour protéger les convois dans les zones jugées à risque.

Les effets de ces opérations commencent à se faire sentir dans certaines stations de Bamako, où l’essence et le gasoil sont à nouveau disponibles. Toutefois, dans plusieurs régions, les stocks restent fragiles et les prix continuent de fluctuer en fonction de l’offre locale. Le retour à un approvisionnement pleinement normalisé dépendra de l’évolution de la sécurité sur les corridors routiers et de la capacité des transporteurs à maintenir un flux régulier vers toutes les zones demandeuses.

La réception de centaines de camions‑citernes à Bamako le 1ᵉʳ avril 2026 illustre l’effort continu des autorités maliennes pour faire face à une crise d’approvisionnement en carburant d’ampleur. En mobilisant des volumes importants et en sécurisant les corridors routiers, le pays cherche à renforcer les stocks, stabiliser le marché et garantir un approvisionnement régulier malgré les perturbations sur les axes de transport. Cette opération montre que, face à des défis logistiques et sécuritaires, le Mali met en œuvre des mesures concrètes pour protéger son approvisionnement énergétique et limiter les impacts économiques et sociaux de la pénurie.

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