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« Nous avons besoin d’investisseurs », Jonathan Ndjideu, CEO et cofondateur de Ecovert

Basée à Douala, la jeune entreprise camerounaise Ecovert s’est donnée pour mission de révolutionner l’industrie de l’emballage en valorisant un déchet agricole abondant : la croûte de bananier. Au micro de Invest-Time, son cofondateur et CEO, Jonathan Ndjideu, revient sur la genèse du projet, son processus de production et ses ambitions de développement.

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Jonathan Ndjideu, CEO et cofondateur de EcovertPascal Nzoumba, coordonnateur de la Coopérative Thier'son & CIE. Crédit : Afrik Shine TV

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Bonjour Monsieur Ndjideu. Pouvez-vous nous présenter Ecovert ?

Bonjour. Je m’appelle Jonathan Ndjideu et je suis le CEO et cofondateur d’Ecovert, une entreprise spécialisée dans la valorisation des déchets agricoles, notamment la croûte de bananier, pour la production d’emballages papier 100 % écologiques et durables. Notre structure est basée à Douala, où se trouve notre unité de production. Nous fabriquons du papier, du carton, des sacs de courses, des coffrets cadeaux et divers emballages à partir de la croûte de bananier, en fonction des besoins de nos clients. Aujourd’hui, nous travaillons essentiellement sur la base de commandes ponctuelles émanant principalement d’entreprises.

Comment est née l’idée de transformer la croûte de bananier en papier ?

L’idée est née d’un triple constat. D’abord, le Cameroun produit plus de 5 millions de tonnes de bananes chaque année. Cette activité génère une quantité considérable de déchets, notamment des croûtes de bananier qui sont généralement abandonnées dans la nature, alors qu’elles constituent une excellente matière première pour la fabrication du papier.

Ensuite, nous observons une pression croissante sur les ressources forestières liée aux besoins de l’industrie papetière. Enfin, le problème de la pollution plastique est devenu une véritable urgence environnementale.
En plus, Il fallait trouver une alternative au plastique et au papier conventionnel. Face à ces défis, il était nécessaire de proposer une alternative locale, durable et respectueuse de l’environnement. Nous avons donc engagé des travaux de recherche qui se poursuivent depuis six ans et qui ont abouti à la mise sur le marché de produits fonctionnels dont la qualité est aujourd’hui appréciée par nos clients.

Pourquoi avoir précisément choisi la croûte de bananier ?

Nous avons opté pour ce choix pour trois raisons principales. D’abord, cette matière est abondante, le Cameroun figurant parmi les principaux producteurs de bananes en Afrique. Ensuite, elle est riche en cellulose et offre des fibres de très bonne qualité, ce qui nous permet de produire un papier résistant, souple et durable. Enfin, son approvisionnement est relativement simple puisque nous récupérons les résidus après la récolte et les acheminons vers notre usine.

Ecovert est-elle déjà une entreprise formellement constituée ?

Ecovert est le résultat de la fusion de deux structures, Ecofibre et Divine Favor, qui évoluaient déjà dans le même secteur. Nous avons décidé d’unir nos compétences et nos ressources afin d’accélérer notre développement et de renforcer notre impact. Nous sommes actuellement en phase de formalisation administrative à la suite de cette fusion. Toutefois, l’expérience cumulée des deux entités représente déjà six années de travail et de recherche.

Quels sont aujourd’hui vos projets et vos besoins ?

Notre principale ambition est d’agrandir notre usine et d’augmenter nos capacités de production. Actuellement, nous produisons environ 1 000 unités d’emballage par mois et exclusivement sur commande. Nous souhaitons également diversifier notre offre. À partir du papier obtenu, il est possible de fabriquer des cartons, des enveloppes, des cahiers et de nombreux autres produits. Le potentiel de développement est considérable.

Cependant, notre principal obstacle demeure le financement. Nous avons besoin d’investisseurs capables de nous accompagner dans l’acquisition d’équipements de transport, l’amélioration de notre logistique et l’industrialisation de notre chaîne de production.

Pouvez-vous nous décrire votre processus de fabrication ?

Le processus comporte plusieurs étapes. La première est la collecte de la matière première directement dans les champs. Ensuite, nous procédons à l’extraction de la cellulose grâce à un réacteur spécialement conçu à cet effet. Vient ensuite le raffinage, qui consiste à réduire la taille des fibres afin d’obtenir une pâte de qualité. Cette pâte est ensuite transformée en feuilles à l’aide de moules spécifiques. Après cette étape, nous effectuons le pressage afin de retirer environ 95 % de l’eau contenue dans la feuille et d’en uniformiser la structure. Enfin, nous procédons au séchage. À ce jour, le séchage est encore réalisé au soleil pendant environ vingt-quatre heures, faute de séchoir industriel.

Tous nos équipements sont semi-automatiques et ont été conçus localement. Les machines importées étant particulièrement coûteuses, notamment en raison des frais de transport et de douane, nous avons fait le choix de développer nos propres solutions technologiques tout en poursuivant nos activités de recherche et développement.

Quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes entrepreneurs et aux investisseurs ?

Je voudrais dire une chose simple : il faut croire en ce que l’on fait. C’est cette conviction qui nous anime depuis six ans. Malgré les difficultés, nous continuons d’investir dans la recherche et le développement parce que nous sommes convaincus du potentiel de cette innovation et de sa capacité à contribuer à une économie plus verte et plus durable au Cameroun et en Afrique.

Propos recueillis par Leonel Douniya

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