Le gouvernement congolais vient de franchir une nouvelle étape dans la valorisation de ses ressources minières. Lors du Conseil des ministres du 18 juin 2026, présidé par le chef de l’État Denis Sassou N’Guesso, l’exécutif a adopté un projet de décret attribuant à Dangote Fertilizer Limited Congo un permis d’exploitation du gisement de sels de potasse de Mengo, situé dans le département du Kouilou, à près de 80 kilomètres de Pointe-Noire. Présenté par le ministre des Industries minières et de la Géologie, Urbain Fiacre Opo, le projet ambitionne de renforcer la place du Congo dans la chaîne de valeur des engrais en Afrique tout en accélérant la diversification d’une économie encore fortement dépendante des hydrocarbures.
Un gisement stratégique de 325 millions de tonnes
Selon les données officielles présentées par le ministère des Industries minières et de la Géologie au Conseil des ministres, le gisement de Mengo dispose de réserves prouvées estimées à environ 325 millions de tonnes de sels de potasse. Les autorités congolaises évaluent la durée de vie de la mine à près de 25 ans. Les prévisions de production communiquées par le gouvernement font état d’une montée en puissance progressive, avec un million de tonnes par an dans la phase initiale, deux millions de tonnes lors de la deuxième phase, puis trois millions de tonnes annuellement à maturité du projet. Ces chiffres ont été rendus publics dans le compte rendu officiel du Conseil des ministres du 18 juin 2026 publié par le gouvernement congolais.
Un investissement de 3 milliards de dollars pour développer une filière intégrée
Au-delà de l’exploitation minière, le groupe Dangote prévoit de développer une véritable chaîne industrielle autour de la transformation de la potasse. Selon les informations communiquées par le gouvernement, l’investissement global est estimé à 3 milliards de dollars américains. Le projet comprend notamment la construction d’une usine de fabrication d’engrais NPK destinée à transformer localement une partie de la production. Les autorités congolaises soulignent également que l’entreprise s’est engagée à réaliser les études de faisabilité ainsi que les études d’impact environnemental et social requises avant le démarrage effectif des opérations.
Pour Brazzaville, cette approche intégrée pourrait contribuer à renforcer la sécurité alimentaire nationale tout en développant une industrie locale à plus forte valeur ajoutée. Selon le ministère des Industries minières et de la Géologie, environ 800 emplois directs devraient être créés grâce à ce projet.
Une nouvelle attribution après le retrait du précédent permis
Le permis accordé à Dangote intervient dans un contexte particulier. D’après les explications fournies au Conseil des ministres, le titre minier avait été réintégré au domaine public après que son précédent détenteur, la société Magminerals Potasses Congo, n’a pas respecté les obligations prévues dans ses engagements contractuels. La demande de Dangote Fertilizer Limited Congo, introduite le 2 avril 2026, a ainsi été examinée par les autorités congolaises dans le cadre de la relance de l’exploitation du gisement de Mengo. Cette décision traduit la volonté du gouvernement de sécuriser les investissements miniers et d’accélérer la mise en valeur des ressources stratégiques du pays.
Avec l’attribution du permis d’exploitation de Mengo à Dangote Fertilizer Limited Congo, la République du Congo mise sur l’un des plus importants projets miniers annoncés ces dernières années. Entre réserves estimées à 325 millions de tonnes de potasse, investissement de 3 milliards de dollars et objectif de production de 3 millions de tonnes par an, le projet pourrait devenir un levier majeur de diversification économique pour le pays. Au-delà des retombées attendues en matière d’emplois et d’industrialisation, Brazzaville espère également renforcer son positionnement dans le marché africain des engrais, un secteur stratégique pour la sécurité alimentaire du continent.
