Lancée en 2023 après plusieurs années de construction, la raffinerie Dangote poursuit son offensive dans le secteur énergétique africain. L’infrastructure, située à Lekki, près de Lagos au Nigeria, vient d’accueillir de nouveaux investisseurs privés à son capital à travers une opération financière évaluée à 2,5 milliards de dollars.
Cette levée de fonds intervient alors que le groupe fondé par l’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote prépare une nouvelle phase d’expansion visant à faire de cette raffinerie un acteur majeur du marché mondial du pétrole raffiné.
Un financement stratégique de 1 450 milliards de FCFA
Selon Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals, cette opération constitue l’un des plus importants investissements privés jamais annoncés dans le secteur industriel africain.
Jusqu’ici, la participation extérieure au capital était principalement détenue par la compagnie pétrolière publique nigériane NNPC Limited, qui possède environ 7,2 % de la raffinerie.
Les nouveaux capitaux permettront à l’entreprise de renforcer ses capacités financières, en complément de ses ressources internes et des financements déjà mobilisés.
Une capacité appelée à plus que doubler
La raffinerie Dangote dispose actuellement d’une capacité de traitement de 650 000 barils de pétrole brut par jour.
Avec son programme d’expansion, le groupe ambitionne d’atteindre 1,4 million de barils par jour, soit plus du double de sa capacité actuelle.
Cet objectif placerait l’installation nigériane devant la raffinerie indienne de Jamnagar, aujourd’hui considérée comme la plus grande raffinerie au monde.
À pleine capacité, la raffinerie pourrait produire davantage d’essence, de diesel, de carburéacteur et d’autres produits pétroliers destinés au marché africain et international.
Réduire la dépendance énergétique de l’Afrique
L’investissement intervient dans un contexte où l’Afrique reste fortement dépendante des importations de produits raffinés.
Selon des données de l’Africa Finance Corporation (AFC), le continent importe encore plus de 70 % de ses carburants raffinés, malgré ses importantes réserves de pétrole brut.
Chaque année, l’Afrique dépense plusieurs dizaines de milliards de dollars pour importer des produits énergétiques, une situation qui pèse sur les réserves de change de nombreux pays.
Avec l’augmentation de sa production, Dangote ambitionne de contribuer à la sécurité énergétique africaine et de réduire la facture liée aux importations.
Une expansion vers l’Afrique de l’Est
Le groupe ne limite pas ses ambitions au Nigeria. Dangote prévoit également la construction d’une raffinerie d’une capacité de 700 000 barils par jour à Lamu, au Kenya.
Ce projet vise à renforcer l’approvisionnement énergétique de l’Afrique de l’Est et à étendre l’influence du groupe sur le marché continental des hydrocarbures.
Vers une entrée en Bourse
Cette opération financière constitue également une étape avant une future introduction en Bourse de la raffinerie.
L’objectif est d’ouvrir progressivement le capital au public et de permettre à davantage d’investisseurs de participer au développement de cette infrastructure stratégique.
Avec cet investissement de 2,5 milliards de dollars (environ 1 450 milliards de FCFA), la raffinerie Dangote confirme son ambition de devenir un pilier de l’industrie énergétique africaine. Entre augmentation des capacités de production, expansion régionale et ouverture prochaine du capital, le groupe veut transformer le Nigeria en un centre majeur du raffinage mondial et contribuer à réduire la dépendance du continent aux carburants importés.
