Le début de l’année 2026 marque un retournement de tendance pour les exportations agricoles du Cameroun. Après avoir bénéficié d’une conjoncture internationale favorable ces dernières années, les principales cultures de rente du pays voient leurs recettes reculer sous l’effet de l’évolution des marchés mondiaux.
Les données publiées par le Comité national économique et financier (CNEF) montrent qu’à fin mars 2026, les recettes générées par les exportations de cacao, de café, de coton, de caoutchouc et de banane ont baissé d’environ 30 % par rapport au premier trimestre 2025. Cette évolution traduit l’impact direct des fluctuations des prix internationaux sur les performances du commerce extérieur camerounais.
Le cacao concentre la plus forte baisse
Premier produit agricole d’exportation du Cameroun, le cacao enregistre la plus importante contraction des recettes. À la fin du premier trimestre 2026, les revenus issus de ses exportations s’établissent à 199,3 milliards de FCFA, contre un niveau nettement supérieur un an plus tôt, soit une baisse de 37,7 %, selon les chiffres du CNEF.
Cette évolution intervient pourtant après une campagne 2024-2025 historique, marquée par une production de 309 518 tonnes de cacao, un volume jamais atteint auparavant. Les données montrent ainsi que l’augmentation de la production n’a pas suffi à compenser le repli des prix observé sur les marchés internationaux.
Le CNEF explique cette situation par la correction des cours mondiaux du cacao, après les niveaux exceptionnellement élevés enregistrés en 2024 et au début de 2025, ainsi que par une demande internationale moins dynamique.
Les autres cultures de rente suivent la même tendance
Le cacao n’est pas le seul produit concerné. Les recettes issues des exportations de café, de coton, de caoutchouc naturel et de banane se sont également contractées au cours des trois premiers mois de l’année.
Bien que les performances détaillées de chaque filière n’aient pas été rendues publiques, le CNEF souligne que l’ensemble de ces produits a subi les effets conjugués du recul des prix internationaux et du ralentissement des achats sur plusieurs marchés d’exportation. Ces filières occupent une place importante dans les revenus des producteurs, des entreprises exportatrices et dans les recettes en devises du pays.
Une baisse qui pèse sur les recettes extérieures
Les produits agricoles d’exportation représentent un levier important pour l’économie camerounaise. Les revenus qu’ils génèrent contribuent à l’approvisionnement du pays en devises, au financement des échanges extérieurs et à l’activité de nombreuses entreprises intervenant dans les chaînes de production, de transformation et de commercialisation.
Le recul observé au premier trimestre 2026 illustre la forte dépendance des recettes d’exportation aux fluctuations des marchés internationaux. Même lorsque les volumes produits progressent, une baisse des cours mondiaux peut réduire significativement la valeur des exportations.
Cette évolution intervient dans un environnement international marqué par un ralentissement de la demande sur plusieurs marchés consommateurs de matières premières agricoles, ce qui exerce une pression supplémentaire sur les pays exportateurs.
Les chiffres publiés par le Comité national économique et financier confirment un début d’année difficile pour les principales filières agricoles camerounaises. Avec une baisse d’environ 30 % des recettes d’exportation en seulement trois mois et un recul de 37,7 % pour le seul cacao, les performances du premier trimestre 2026 rappellent que les revenus du secteur restent étroitement liés aux évolutions des marchés internationaux. Malgré une production record de cacao de 309 518 tonnes, la correction des prix mondiaux a suffi à réduire la valeur des exportations, mettant en évidence les défis auxquels reste confrontée l’économie camerounaise dans la valorisation de ses produits agricoles.
