Les conclusions préliminaires de la dernière mission du Fonds Monétaire International (FMI) au Cameroun, du 3 au 16 octobre 2024, ont été rendues publiques, le 30 janvier 2025, à travers un communiqué de presse. Dans cette communication, le FMI bien que saluant les efforts du gouvernement camerounais en matière de gouvernance et de réformes structurelles, émet des réserves sur certains chantiers qui encore connaissent des retards. C’est notamment de la gouvernance du secteur des industries extractives, l’amélioration du climat des affaires, la réforme des entreprises publiques et la gestion des finances publiques qui, pour le FMI, doivent avoir des avancées rapides.
Particulièrement, le FMI encourage les autorités camerounaises à accélérer la restructuration de la Société Nationale de Raffinerie (SONARA), ainsi qu’à réviser la loi de 2013 sur les incitations à l’investissement afin de rationaliser les avantages fiscaux et améliorer l’attractivité du pays pour les investisseurs étrangers. L’institution de Bretton Woods qui salue la coopération avec les autorités camerounaises et réaffirme son engagement à soutenir le pays dans la mise en œuvre de réformes essentielles à une croissance durable et inclusive. Toutefois, la réussite de ces programmes repose sur la capacité du Cameroun à accélérer l’exécution des réformes attendues, notamment en matière de gouvernance économique et d’attractivité des investissements.
Le soutien financier du FMI conditionné par l’avancement des réformes
Le FMI et le Cameroun ont, en effet, conclu un accord au niveau des services sur les septièmes revues des programmes au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et du mécanisme élargi de crédit (MEDC), ainsi que sur la deuxième revue du programme au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Si le conseil d’administration du FMI approuve l’accord conclu au niveau des services, le Cameroun pourrait bénéficier d’un décaissement de 73 millions de dollars (55,2 millions de DTS : Droits de Tirage Spéciaux) au titre des accords FEC-MEDC et de 45,6 millions de dollars (34,5 millions de DTS) au titre de l’accord FRD.
Aussi, dans le cadre du programme FRD, le Cameroun a renforcé son engagement envers les réformes liées au changement climatique. Les progrès incluent l’adoption de lignes directrices pour l’évaluation des projets d’investissement sous un prisme climatique et la révision de la loi sur la protection civile pour mieux anticiper les catastrophes naturelles. Le FMI et d’autres partenaires techniques appuient également le Cameroun dans la conception d’un plan national sur le climat et d’une stratégie de financement des risques de catastrophe.
Les perspectives globalement positives
L’économie camerounaise continue de se redresser, bien que la croissance reste modérée. Après un taux de croissance de 3,2% en 2023, et devrait se redresser pour atteindre 3,9% en 2024. Par ailleurs, l’inflation, bien qu’en baisse, demeure une préoccupation. En novembre 2024, elle s’élevait à 4,6%, contre 7,5% en 2023, et devrait progressivement converger vers l’objectif régional de 3% d’ici 2026.
Le budget 2025, adopté en décembre dernier, reste aligné sur les objectifs définis dans le cadre du programme appuyé par le FMI, notamment dans le contexte des élections présidentielles prévues cette année. L’un des objectifs majeurs demeure la création d’un espace budgétaire permettant d’accroître les investissements productifs et sociaux, tout en consolidant les efforts de lutte contre la corruption.