Le tourisme MICE connait une progression fulgurante au Rwanda. Le pays a parcouru un long chemin en matière d’accueil d’événements internationaux. Il y a encore une dizaine d’années, les conférences se tenaient sous des tentes, et le pays ne disposait que d’un seul hôtel cinq étoiles. Aujourd’hui, Kigali est dotée d’infrastructures modernes, notamment le Kigali Convention Centre, devenu un symbole de l’essor du MICE rwandais.
Cette transformation a permis au Rwanda de se hisser parmi les principales destinations de conférences en Afrique. L’International Congress and Convention Association (ICCA) classe régulièrement Kigali parmi les villes africaines les plus attractives pour les événements internationaux, juste derrière des métropoles comme Cape Town et Nairobi. Cette montée en puissance est le fruit d’une stratégie gouvernementale proactive, incluant des investissements massifs dans les infrastructures, des allègements fiscaux pour les organisateurs d’événements, ainsi qu’un régime d’exemption de visa pour les visiteurs internationaux.
Les conférences, un pilier du MICE
Les conférences constituent le segment le plus rentable du MICE. De grands événements tels que la réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth (CHOGM), la Women Deliver Conference 2023 ou encore la Basketball Africa League (BAL) ont attiré des milliers de délégués, générant des retombées économiques importantes pour les secteurs de l’hôtellerie, des transports et des services.
Selon Célestin Makuza, directeur général d’Events Factory Rwanda, ces événements bénéficient à l’ensemble de l’économie locale. « Lorsqu’un événement international est organisé au Rwanda, les hôtels, restaurants, agences de transport, guides touristiques et même les commerçants à petite échelle en profitent », précise-t-il.
Pour renforcer l’attractivité du pays, il est toutefois essentiel d’améliorer la capacité d’accueil des salles de conférence. Kigali Convention Centre arrive déjà à saturation, ce qui souligne la nécessité de construire de nouvelles infrastructures adaptées à des événements de grande envergure.
Une diversification nécessaire pour prolonger le séjour des visiteurs
Si le Rwanda a su séduire les organisateurs d’événements, le défi est maintenant d’inciter les visiteurs à prolonger leur séjour. Actuellement, la majorité des délégués quittent le pays peu de temps après la fin de leur conférence. Divine Nshuti, blogueuse de voyage et experte en tourisme, estime que le Rwanda doit élargir son offre touristique au-delà des sites classiques comme le parc national d’Akagera ou le trekking des gorilles dans les montagnes des Virunga. « Il y a une forte demande pour des expériences immersives. Les visiteurs veulent découvrir la culture locale, visiter les marchés, assister à des festivals et interagir avec les communautés. Nous devons capitaliser sur ces attentes », indique-t-ele.
Le rôle du secteur privé dans la croissance du MICE
Le gouvernement rwandais a joué un rôle clé dans le développement du MICE, mais le secteur privé doit désormais s’impliquer davantage pour exploiter pleinement ce marché. Valentine Nashipae, directrice générale de Cube Communications Ltd, estime que la collaboration entre les entreprises privées est essentielle « nous devons travailler ensemble pour améliorer nos infrastructures, nos services et notre offre touristique. Cela permettra au Rwanda de devenir un acteur incontournable sur le marché mondial du MICE. »
Perspectives et projections pour l’avenir
Le marché mondial du MICE, évalué à 916 milliards de dollars en 2019, devrait atteindre 1 780 milliards de dollars en 2030, avec un taux de croissance annuel de 11,2 %. Le Rwanda, avec ses infrastructures modernes et son positionnement stratégique en Afrique de l’Est, est bien placé pour capter une part croissante de ce marché.
D’ici 2028, le Rwanda pourrait voir ses revenus issus du MICE dépasser les 200 millions de dollars par an, si les efforts d’amélioration de l’expérience client et de diversification de l’offre sont maintenus. Le pays a réussi à se positionner comme une destination majeure pour les événements internationaux, mais des défis subsistent.