Le Tchad est confronté à un déséquilibre marqué entre la demande nationale de ciment et l’offre locale. En 2024, la principale unité de production de CIMAF au Tchad n’a produit que 182 500 tonnes de ciment, soit environ 26 % de sa capacité nominale de 500 000 tonnes par an, en raison de contraintes logistiques notamment sur l’acheminement du clinker depuis le Port de Douala au Cameroun. Cette production reste inférieure à la demande annuelle estimée à environ 400 000 tonnes. Cette situation explique en partie les fortes fluctuations des prix sur le marché : des sacs de ciment de 50 kg ont été revendus jusqu’à 12 000 FCFA chez certains revendeurs, bien au-delà des prix d’usine reportés.
Pourquoi CIMAF veut aller plus loin
Dans ce contexte, la perspective pour CIMAF d’acquérir jusqu’à 70 % du capital de la cimenterie locale actuellement privatisée représente une étape importante : assurer une plus grande maîtrise industrielle sur l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production jusqu’à la commercialisation ; sécuriser les volumes produits pour répondre plus efficacement à la demande intérieure qui dépasse régulièrement l’offre locale ; réduire la dépendance aux importations et aux contraintes logistiques externes. Même si l’opération n’est pas encore officialisée, le fait qu’elle soit en phase avancée de négociation est en soi un signal fort pour le secteur industriel tchadien, qui cherche à attirer des investisseurs structurants capables de stabiliser l’offre locale.
CIMAF exploite une usine moderne située à Lamadji, dans la périphérie nord de N’Djamena. Cette unité dispose d’une capacité annuelle initiale d’environ 500 000 tonnes, extensible à 1 million de tonnes, et emploie plus de 120 personnes, dont une écrasante majorité de personnel national. Malgré une capacité suffisante pour couvrir la demande interne estimée autour de 400 000 tonnes par an, la contrainte logistique en particulier l’approvisionnement en clinker a limité la production effective, avec des conséquences directes sur l’équilibre du marché.
Le ciment demeure un produit stratégique pour le développement des infrastructures, le logement urbain et les grands projets publics au Tchad. Une offre instable a non seulement des répercussions sur les prix mais aussi sur la réalisation des projets d’investissement publics et privés. La potentielle prise de participation majoritaire de CIMAF dans une cimenterie locale s’analyse donc comme une réponse proactive aux défis structurels du marché, mais aussi comme une opportunité pour attirer davantage de capitaux industriels dans le pays.
Le marché tchadien du ciment est sous-approvisionné malgré une capacité significative : 0,5 Mt/an nominales contre une demande estimée à ~0,4 Mt/an. La production réelle de CIMAF au Tchad a été freinée par des contraintes logistiques, illustrant la fragilité de la chaîne d’approvisionnement. La possible acquisition de 70 % du capital d’une cimenterie locale, si elle se concrétise, pourrait stabiliser durablement l’offre et renforcer l’attractivité du pays pour d’autres investisseurs industriels.
