Selon les données les plus récentes du FGIS, l’institution gère aujourd’hui environ 1,89 milliard USD d’actifs suivis, dont près de 500 millions USD sous gestion directe, reflétant une capacité accrue d’intervention dans l’économie gabonaise. Les six fonds en gestation doivent couvrir les secteurs suivants : énergie et eau, pêche et aquaculture, habitat, infrastructures, agriculture et manganèse. Ces secteurs ont été définis comme des leviers essentiels pour la diversification et la souveraineté économique du pays, afin de réduire la dépendance historique aux hydrocarbures et de générer de la croissance inclusive.
Gouvernance renforcée et cadre légal en préparation
Lors de la réunion, les participants — regroupant des experts ministériels, des partenaires techniques et le comité de direction du FGIS — ont passé en revue le projet de loi instituant ces fonds. L’objectif est d’instaurer un cadre juridique et opérationnel robuste, garantissant la transparence, l’efficacité des mécanismes de financement et l’attraction de capitaux privés et internationaux.
Un autre point central des échanges a porté sur la réforme de la gouvernance du FGIS. L’institution s’attelle à adapter ses structures internes pour répondre à la gestion simultanée de plusieurs véhicules financiers, tout en assurant une coordination étroite avec les ministères sectoriels concernés et en privilégiant les standards internationaux de transparence et de redevabilité.
Un modèle inspiré du Fonds souverain gabonais
La structuration des nouveaux fonds s’appuie sur l’expérience du Fonds Souverain de la République Gabonaise, déjà géré par le FGIS. Ce modèle a permis au Gabon de professionnaliser la gestion de ses actifs stratégiques et d’améliorer son attractivité financière.
En reproduisant ce schéma à l’échelle sectorielle, les autorités espèrent mobiliser davantage de capitaux, notamment via des partenariats public-privé et des financements internationaux.
Diversification et transformation économique
Dans un contexte marqué par la volatilité des matières premières, cette initiative traduit une volonté claire : réduire la dépendance aux hydrocarbures et stimuler des filières porteuses d’emplois et de valeur ajoutée locale.
Le fonds dédié au manganèse, par exemple, pourrait soutenir la transformation locale de la ressource, tandis que ceux consacrés à l’agriculture et à la pêche visent à renforcer la sécurité alimentaire et à développer des chaînes de valeur compétitives. Les fonds infrastructures, habitat et énergie devraient, quant à eux, soutenir les grands projets structurants nécessaires à l’industrialisation.
Un signal fort aux investisseurs
Avec cette opérationnalisation, le Gabon envoie un signal fort aux marchés : celui d’un État qui structure ses priorités autour d’outils financiers modernes, alignés sur des objectifs de performance et d’impact.
Si leur mise en œuvre se concrétise dans les délais annoncés, ces six fonds sectoriels pourraient devenir l’un des piliers de la nouvelle stratégie de développement économique du pays, en faisant du FGIS un levier central de la transformation structurelle du Gabon.