Initialement lancée pour six mois en août 2025, cette restriction s’inscrit désormais dans une stratégie à plus long terme. Dorénavant, toutes les exportations de noix devront transiter exclusivement par la Nigerian Commodities Exchange (NCX), et les anciennes dérogations ont été supprimées. Le guichet de soutien NESS sera mobilisé pour renforcer les capacités de production et de transformation locale.
Une filière aux revenus sous-exploités
Le Nigeria produit chaque année entre 350 000 et 500 000 tonnes de noix de karité, ce qui représente près de 30 % de la production mondiale. Pourtant, le pays ne capte qu’environ 1 % d’un marché mondial estimé à 6,5 milliards de dollars. Cette situation est jugée « inacceptable » par les autorités, qui visent à atteindre 300 millions de dollars de revenus annuels à court terme grâce à la transformation locale.
Le beurre de karité, principal produit transformé, se négocie à une valeur 10 à 20 fois supérieure à celle des noix brutes. La prolongation de l’interdiction d’exporter la matière première brute s’inscrit donc dans une visée économique claire : capturer davantage de valeur ajoutée et stimuler le développement industriel de la filière.
Une dynamique régionale pour l’industrialisation
Cette décision s’inscrit dans une tendance observée dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, qui restreignent progressivement l’exportation de noix brutes afin de favoriser l’industrialisation locale et de mieux intégrer leurs chaînes de valeur dans l’économie mondiale. La stratégie nigériane pourrait ainsi servir de modèle pour transformer la filière agricole en moteur économique durable, générant des emplois et augmentant la compétitivité régionale.