Selon Marc Fonbaustier, la disparition des marques françaises comme Peugeot et Renault du Nigeria ne peut être attribuée à une seule cause. Il pointe toutefois un changement structurel majeur :
D’autres types de voitures ont envahi le marché nigérian.
En effet, au fil des années, le paysage automobile nigérian a été profondément transformé par l’arrivée massive de marques étrangères, notamment asiatiques ainsi que par la domination des véhicules d’occasion importés. Cette évolution a progressivement érodé la position autrefois dominante du Français Peugeot, qui représentait historiquement jusqu’à 70 % des voitures en circulation dans le pays.
Collaboration entre Dangote Industries Limited et Stellantis
Plutôt que de chercher à restaurer une domination passée, la France mise désormais sur une reconstruction progressive de sa présence à travers des partenariats industriels locaux.
L’initiative la plus avancée concerne Dangote Peugeot Automobile Nigeria (DPAN), fruit d’une collaboration entre Dangote Industries Limited et Stellantis, qui supervise désormais la marque Peugeot.
Située dans l’État de Kaduna, l’usine dispose actuellement d’une capacité de production d’environ 120 véhicules par jour. D’abord centrée sur la Peugeot 301, elle élargit désormais sa gamme avec plusieurs modèles : pick-up, 308, 3008, 5008, 508.
L’ambition, fixée par Aliko Dangote, est d’atteindre 44 000 véhicules par an — un objectif qualifié de « considérable » et « très ambitieux » par Marc Fonbaustier.
Un second pilier : l’alliance locale de Renault
En parallèle, Renault développe un partenariat avec Coscharis Group. Cette collaboration vise à assembler des véhicules localement dans l’État de Lagos, notamment le modèle Logan (commercialisé sous une autre appellation au Nigeria), tout en distribuant également : Oroch, Kwid (importée du Brésil)
Un retour qui s’inscrit dans le temps long
Marc Fonbaustier souligne que l’industrie automobile fonctionne selon des cycles longs :
Il a fallu du temps pour voir les Français disparaître… il faudra aussi du temps pour assister à leur retour.
Ainsi, plutôt qu’un retour rapide, la stratégie repose sur une montée en puissance progressive, fondée sur la production locale, des partenariats stratégiques et une adaptation au marché.