Les données issues de la Direction générale des Douanes indiquent une chute importante des recettes générées par les importations de terminaux numériques. Estimées à environ 2 milliards de FCFA par mois dans les années 2000, elles se situent désormais autour de 100 millions de FCFA mensuels en 2025, soit une contraction de plus de 90 % sur la période.
Une dynamique baissière liée à la transformation du secteur
La baisse des recettes douanières sur les téléphones portables et équipements assimilés intervient dans un contexte de transformation profonde du marché des technologies au Cameroun. L’augmentation du taux d’équipement des populations, la multiplication des points d’entrée informels et la diversification des circuits d’approvisionnement ont contribué à réduire la base taxable classique.
Dans le même temps, les politiques publiques ont progressivement intégré l’enjeu de l’accessibilité au numérique. La réduction de certaines barrières tarifaires et l’assouplissement de dispositifs fiscaux sur les équipements technologiques ont favorisé leur diffusion à grande échelle. Cette orientation, en facilitant l’acquisition de smartphones et tablettes, a eu pour effet direct de diminuer les recettes douanières issues de ces produits.
Des réformes engagées pour mieux capter les flux
Face à cette érosion des recettes, l’administration douanière a engagé plusieurs réformes visant à améliorer la collecte et le suivi des importations. La digitalisation des procédures, le renforcement des systèmes de traçabilité et l’introduction d’outils de contrôle plus performants figurent parmi les principaux leviers activés.
Ces mesures s’inscrivent dans une logique d’optimisation des recettes sans remise en cause des politiques d’accès au numérique. Elles visent notamment à réduire les pertes liées aux circuits informels et à mieux encadrer les volumes réellement importés sur le territoire.
Les orientations annoncées dans la perspective du budget 2026 laissent entrevoir une poursuite de cette stratégie d’équilibre entre mobilisation des recettes et soutien à la transformation digitale. L’accent devrait être mis sur le renforcement de la transparence dans les opérations d’importation et sur l’élargissement de l’assiette fiscale à travers une meilleure identification des acteurs du secteur.
Dans ce cadre, l’administration pourrait intensifier les contrôles sur les flux de terminaux numériques, tout en poursuivant la modernisation des outils de gestion douanière. L’objectif reste d’accroître le rendement fiscal sans freiner la dynamique d’équipement des populations et des entreprises.
Entre impératifs budgétaires et inclusion numérique
L’évolution des recettes douanières sur les terminaux numériques illustre un arbitrage structurel entre deux priorités économiques. D’une part, la nécessité pour l’État de sécuriser ses ressources budgétaires dans un contexte de diversification des revenus publics. D’autre part, l’importance stratégique de faciliter l’accès aux technologies pour soutenir la croissance, l’innovation et la digitalisation de l’économie.
La trajectoire observée entre les années 2000 et 2025 met en évidence une transition vers un modèle où la fiscalité sur les équipements numériques tend à s’effacer au profit d’un impact économique plus large, reposant sur les usages et les services numériques.