Le poisson occupe une place centrale dans la consommation alimentaire des ménages camerounais. Les données du secteur des pêches indiquent une demande nationale estimée à environ 400 000 tonnes par an, un niveau largement supérieur à la production locale actuelle. Cette production provient de la pêche maritime, de la pêche continentale et de la pisciculture, mais cette dernière reste encore faiblement développée dans la structure globale de l’offre.
Un marché encore dominé par les importations en 2024 et 2025
En 2024, les importations de poisson congelé ont dépassé les 200 000 tonnes pour une valeur estimée à plus de 160 milliards de FCFA, selon les données du commerce extérieur. Cette tendance s’est maintenue en 2025, confirmant la dépendance du marché camerounais vis-à-vis des importations pour couvrir une partie importante de la demande nationale. Cette situation s’observe particulièrement dans les grands centres urbains où la consommation de poisson est la plus élevée et où l’offre locale reste insuffisante pour répondre aux besoins.
Une pisciculture encore insuffisante dans l’offre nationale
La pisciculture reste encore une activité secondaire dans la production nationale de poisson. Elle consiste en l’élevage de poissons en étangs ou en bassins aménagés, mais les volumes produits demeurent limités. Les estimations du secteur indiquent une production piscicole encore faible par rapport à la demande globale, ce qui confirme son rôle marginal dans l’approvisionnement du marché national.
Des contraintes structurelles sur la filière piscicole
Le développement de la pisciculture est freiné par plusieurs contraintes structurelles qui affectent la production. Le coût élevé de l’aliment pour poissons représente l’un des principaux obstacles pour les producteurs, suivi par les difficultés d’accès aux alevins de qualité. À cela s’ajoutent des contraintes liées au financement des projets piscicoles et à la faible structuration de la chaîne de valeur, allant de la production à la commercialisation.
Des initiatives publiques en cours mais des résultats encore limités
Les pouvoirs publics ont mis en place plusieurs programmes visant à soutenir le développement de la pisciculture. Ces initiatives portent notamment sur l’appui à la production d’alevins, la formation des producteurs et l’accompagnement à la création d’exploitations piscicoles. Malgré ces efforts, les résultats restent encore progressifs, la production nationale n’ayant pas encore atteint un niveau permettant de réduire significativement la dépendance aux importations.
Les perspectives du secteur piscicole reposent sur l’intensification des investissements et l’amélioration des conditions de production. Les programmes publics en cours visent une augmentation progressive de la production locale dans les prochaines années, avec pour objectif de réduire le déséquilibre entre l’offre nationale et la demande intérieure en poisson.
Le marché de la pisciculture au Cameroun reste caractérisé par une faible contribution à l’approvisionnement national en poisson, dans un contexte de forte demande intérieure. En 2024 et 2025, les importations continuent de jouer un rôle central dans l’équilibre du marché. Malgré les initiatives engagées, la filière demeure confrontée à des contraintes structurelles qui limitent encore son développement, même si des perspectives d’amélioration sont envisagées à moyen terme.