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Pétrole : pourquoi Aliko Dangote s’intéresse à l’or noir ougandais

Le président ougandais Yoweri Museveni a reçu l’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote à Nakasero, à Kampala, lors d’une rencontre tenue récemment consacrée au développement du secteur énergétique en Afrique de l’Est. Les échanges ont porté sur la possibilité de mettre en place une capacité régionale de raffinage afin de transformer localement le pétrole brut africain, avec pour objectif principal la réduction des exportations de brut non transformé et la limitation des importations de carburants raffinés.

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Cette rencontre entre Yoweri Museveni et Aliko Dangote s’inscrit dans un contexte de discussions économiques et industrielles autour de la valorisation des ressources pétrolières en Afrique de l’Est. Elle vise à explorer des mécanismes de coopération permettant de renforcer les capacités de raffinage, dans une région où plusieurs pays producteurs cherchent encore à structurer leurs infrastructures énergétiques.

Un potentiel pétrolier stratégique en Ouganda

L’Ouganda dispose de réserves estimées à environ 6,5 milliards de barils de pétrole en place, dont près de 1,4 milliard de barils récupérables dans la zone du lac Albert. Ce potentiel place le pays parmi les futurs producteurs majeurs du continent. Dans cette dynamique, un projet de raffinerie nationale à Hoima est déjà envisagé, avec une capacité estimée à environ 60 000 barils par jour, destiné à couvrir une partie de la demande intérieure en produits pétroliers raffinés.

Le projet de l’oléoduc East African Crude Oil Pipeline (EACOP), long de 1 443 km et capable de transporter environ 246 000 barils par jour, constitue un axe structurant du futur système d’exportation pétrolière de la région. Ce corridor énergétique relie les zones de production ougandaises à la côte tanzanienne, facilitant l’accès aux marchés internationaux tout en structurant une chaîne logistique régionale.

Avec la raffinerie de Lagos au Nigeria, dotée d’une capacité d’environ 650 000 barils par jour, Aliko Dangote s’est imposé comme un acteur majeur du raffinage pétrolier en Afrique. Cette infrastructure est aujourd’hui l’une des plus importantes du continent, et son modèle industriel est souvent cité dans les discussions sur la réduction de la dépendance africaine aux importations de carburants.

Un enjeu continental de transformation locale

Malgré l’importance des ressources pétrolières africaines, une grande partie des pays producteurs restent dépendants des importations de produits raffinés. Cette situation est liée à un déficit structurel de capacités de transformation locale. Les discussions entre Kampala et le groupe nigérian s’inscrivent donc dans une logique plus large visant à développer des unités de raffinage régionales capables de capter davantage de valeur ajoutée sur le continent.

Aucun accord formel n’a été annoncé à l’issue de la rencontre entre Yoweri Museveni et Aliko Dangote. Les échanges restent à ce stade exploratoires, mais ils s’intègrent dans une stratégie plus large de développement des infrastructures énergétiques en Afrique de l’Est. L’objectif central de ces discussions est de renforcer la transformation locale du pétrole africain, dans une logique d’intégration régionale et de réduction de la dépendance aux importations de produits pétroliers raffinés.

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