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Cajou : comment la Côte d’Ivoire veut retenir la richesse de ses 1,2 million de tonnes

Premier producteur mondial de noix de cajou, la Côte d’Ivoire a atteint une production estimée à environ 1,225 million de tonnes en 2023 selon les données consolidées du secteur agricole et les rapports de suivi de la filière anacarde. Dans ce contexte, les autorités cherchent à accélérer la transformation locale afin d’augmenter la part de valeur ajoutée conservée sur le territoire national.

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La filière anacarde constitue aujourd’hui l’un des piliers de l’économie agricole ivoirienne. En moins de quinze ans, la production est passée d’environ 380 000 tonnes en 2010 à plus de 1,2 million de tonnes en 2023, faisant du pays le premier producteur mondial de noix de cajou.

Cette progression rapide pose cependant un défi central : une grande partie de la production reste exportée à l’état brut, limitant les retombées industrielles locales. C’est dans ce contexte que l’État ivoirien, à travers le Conseil du Coton et de l’Anacarde, a structuré une politique de transformation visant à renforcer les capacités industrielles nationales.

Une filière agricole devenue stratégique pour l’économie ivoirienne

Selon les données publiées par le Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA), la production ivoirienne de noix de cajou est passée d’environ 380 000 tonnes en 2010 à plus de 1,2 million de tonnes en 2023. Cette évolution confirme la position du pays comme premier producteur mondial, représentant environ 40 % de l’offre globale.

Les mêmes données du CCA indiquent également une progression notable de la transformation locale. Celle-ci est passée de 40 383 tonnes en 2016, soit 6,22 % de la production nationale, à 265 863 tonnes en 2023, représentant environ 21 % de la production totale.

Cette dynamique traduit une montée progressive de l’industrialisation, même si une part importante de la production continue encore d’être exportée sans transformation.

Une montée en puissance encadrée par des infrastructures industrielles dédiées

La politique industrielle repose notamment sur la mise en place de zones agro-industrielles spécialisées dans la transformation de l’anacarde. Ces infrastructures ont été développées par l’État ivoirien à travers ses structures techniques en charge du développement industriel et agricole, notamment dans les régions de Korhogo, Bondoukou et Séguéla.

La zone agro-industrielle de Korhogo a été conçue pour accueillir des unités de transformation avec des équipements industriels intégrés, permettant de réduire les coûts logistiques et de sécuriser l’approvisionnement en matières premières. Elle s’inscrit dans une stratégie globale visant à structurer des pôles industriels régionaux autour des bassins de production.

Des performances industrielles en progression mesurées par les institutions publiques et la Banque mondiale

Les données publiées par le Conseil du Coton et de l’Anacarde montrent une progression continue de la transformation locale, passée de 40 383 tonnes en 2016 à 265 863 tonnes en 2023. Cette évolution s’accompagne d’une hausse du taux de transformation, qui est passé d’environ 6,22 % à près de 21 % sur la même période.

Ces résultats sont également confirmés par les analyses de la Banque mondiale, qui indique une augmentation significative des capacités industrielles dans la filière anacarde en Côte d’Ivoire. Selon l’institution, la capacité de transformation est passée d’environ 68 515 tonnes en 2015 à près de 350 000 tonnes en 2024, traduisant une structuration progressive de l’industrie locale.

La Banque mondiale souligne également que cette dynamique s’accompagne de la création de plusieurs milliers d’emplois directs dans la transformation, avec un impact social important dans les zones rurales et industrielles.

Une stratégie nationale pilotée par les institutions publiques

La stratégie de développement de la filière est pilotée par l’État de Côte d’Ivoire à travers le Conseil du Coton et de l’Anacarde, en coordination avec les politiques nationales d’industrialisation. Elle repose sur trois priorités clairement définies par les autorités publiques : l’augmentation de la transformation locale, le développement des zones agro-industrielles et le renforcement de la compétitivité de la filière sur les marchés internationaux.

L’objectif stratégique affiché par les autorités est d’atteindre environ 50 % de transformation locale à moyen terme, afin de réduire la dépendance aux exportations de matières premières brutes. Avec une production dépassant 1,2 million de tonnes et une transformation locale en progression constante, la Côte d’Ivoire structure progressivement une filière industrielle autour de l’anacarde.

Les données publiées par le Conseil du Coton et de l’Anacarde et les analyses de la Banque mondiale montrent une montée en puissance réelle de la transformation locale, même si des marges importantes subsistent. Le défi reste désormais de consolider cette dynamique afin de faire évoluer la Côte d’Ivoire d’un statut de premier producteur mondial vers celui de véritable hub industriel de transformation du cajou.

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