Le développement d’un marché financier dynamique constitue un levier de mobilisation de l’épargne et de financement des entreprises. Dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), la faiblesse du nombre d’entreprises cotées continue de limiter la profondeur du marché des capitaux, malgré les réformes engagées ces dernières années.
Pour soutenir cette dynamique, la Banque africaine de développement (BAD), à travers le Projet de renforcement des capacités des institutions financières régionales, financera une partie des coûts d’introduction en bourse de quatre entreprises sélectionnées. L’objectif est de réduire les charges financières liées à la première cotation et de favoriser l’élargissement de la cote de la BVMAC.
143 millions FCFA pour réduire le coût des introductions en bourse
L’enveloppe mobilisée par la BAD s’élève à 143 millions FCFA, soit environ 218 000 euros. Ces ressources serviront à couvrir une partie des dépenses liées au processus d’introduction à la BVMAC, notamment les commissions de visa de la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf), les frais d’admission à la cote ainsi que les honoraires des conseils juridiques et comptables.
Les entreprises retenues sont Cameroon Hotels Corporation, propriétaire de l’hôtel Hilton de Yaoundé, Samba Assurances, spécialisée dans la micro-assurance au Gabon, Gabon Power Company, filiale du Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS), ainsi que Façade Maritime du Champ Triomphal (FMCT).
Quatre nouvelles cotations attendues à la BVMAC
Cette sélection intervient après un premier appel à candidatures lancé en 2025, qui n’avait enregistré aucune candidature. Un nouvel appel, ouvert en mars 2026, a permis d’identifier les quatre bénéficiaires du dispositif.
Si les introductions sont effectivement réalisées, le nombre de sociétés cotées à la BVMAC passera de 7 à 11 entreprises, soit une progression de 57,1 %. Cette évolution augmenterait les possibilités de financement par le marché pour les entreprises et élargirait les opportunités de placement pour les investisseurs de la sous-région.
Un marché des capitaux encore peu développé
Les données disponibles montrent toutefois que, parmi les 17 entreprises publiques identifiées par cinq États membres dans le cadre du programme d’élargissement de la cote, 15 n’ont pas encore engagé leur processus d’introduction en bourse. Ce constat met en évidence le rythme encore limité de mise en œuvre des objectifs fixés dans la feuille de route adoptée en 2019 pour développer le marché financier régional.
Pour les entreprises, une cotation en bourse permet de mobiliser des ressources financières auprès des investisseurs afin de soutenir leurs projets de développement. Pour les épargnants, chaque nouvelle introduction contribue à diversifier les possibilités d’investissement disponibles sur la place financière régionale.
Le financement de 143 millions FCFA accordé par la Banque africaine de développement constitue un appui destiné à réduire les coûts techniques liés à l’introduction en bourse de quatre entreprises de la CEMAC. Si ces opérations sont finalisées, la BVMAC comptera 11 sociétés cotées contre 7 actuellement, marquant une progression du marché des capitaux de la sous-région. Cette évolution s’inscrit dans la stratégie de renforcement de la place financière régionale, alors que plusieurs entreprises publiques identifiées pour une cotation n’ont pas encore engagé leur processus d’introduction.
