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Où sont allés les 1 482,7 milliards de FCFA dépensés par l’État du Sénégal en seulement trois mois ?

Au terme du premier trimestre 2026, l'État du Sénégal a exécuté 1 482,7 milliards de FCFA de dépenses sur les 7 184,6 milliards de FCFA prévus dans la Loi de finances initiale (LFI) 2026, soit un taux d'exécution de 20,6 %. Les données officielles montrent que l'essentiel des décaissements a été consacré aux dépenses courantes, notamment les salaires, le service de la dette, les subventions à l'énergie ainsi que les transferts vers les secteurs de l'éducation, de la santé et de l'agriculture. En revanche, les investissements directement réalisés par l'État restent encore limités.

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Comment le Sénégal a-t-il utilisé les ressources publiques au cours des trois premiers mois de 2026 ? Les données du Rapport d’exécution budgétaire du premier trimestre 2026, publié par le Ministère des Finances et du Budget, apportent un premier éclairage sur les priorités de dépenses de l’État. Sur un budget annuel fixé à 7 184,6 milliards de FCFA par la Loi de finances initiale 2026, 1 482,7 milliards de FCFA ont déjà été décaissés entre janvier et mars. L’analyse de ces dépenses montre une forte concentration des crédits sur les charges de fonctionnement et les transferts, tandis que les investissements publics progressent à un rythme encore modéré.

Les dépenses courantes concentrent près de quatre francs sur cinq dépensés

Au premier trimestre 2026, les dépenses ordinaires se sont élevées à 1 185,5 milliards de FCFA, soit près de 80 % de l’ensemble des dépenses exécutées.

Le service de la dette publique représente 285 milliards de FCFA, correspondant au paiement des intérêts et autres charges financières de l’État.

La rémunération des agents de l’État constitue également un poste majeur avec 375,1 milliards de FCFA, contre 357,1 milliards de FCFA à la même période en 2025, soit une hausse de 18 milliards de FCFA. Cette enveloppe comprend 366,9 milliards de FCFA de salaires et 8,2 milliards de FCFA de prestations sociales.

Les dépenses de fonctionnement atteignent, pour leur part, 79,7 milliards de FCFA, dont 15,5 milliards de FCFA consacrés au paiement des factures d’eau des administrations publiques.

Les transferts publics privilégient l’énergie, les entreprises publiques et les secteurs sociaux

Avec 445,7 milliards de FCFA, les transferts courants constituent le premier poste des dépenses ordinaires.

La plus importante enveloppe concerne les subventions au secteur de l’énergie, qui atteignent 165,5 milliards de FCFA afin de soutenir la compensation tarifaire.

L’État a également accordé des financements à plusieurs entreprises et établissements publics, parmi lesquels Air Sénégal (13,5 milliards de FCFA), la Société nationale de gestion du patrimoine du Train express régional (TER) (10 milliards de FCFA), l’Unité de gestion du Comité international olympique (5 milliards de FCFA), l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) (4,2 milliards de FCFA), le Fonds national pour l’entrepreneuriat rapide (4,2 milliards de FCFA), La Poste (3 milliards de FCFA), l’Agence sénégalaise de la reforestation et de la Grande Muraille verte (2,6 milliards de FCFA), Dakar Dem Dikk (2,3 milliards de FCFA), l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) (1,7 milliard de FCFA) et la COSAMA (1,2 milliard de FCFA).

L’éducation, la santé et l’agriculture restent parmi les secteurs les plus financés

Les dépenses sociales conservent une place importante dans l’exécution budgétaire.

Le gouvernement a mobilisé 40,4 milliards de FCFA pour le paiement des bourses des étudiants, tandis que les universités et écoles d’ingénieurs ont reçu 27,5 milliards de FCFA.

Dans le secteur de la santé, 8,1 milliards de FCFA ont été transférés à l’Agence de la Couverture sanitaire universelle, 6,5 milliards de FCFA aux hôpitaux et 400 millions de FCFA à l’Office des forages ruraux.

L’agriculture figure également parmi les principales priorités. L’État y a consacré 88,1 milliards de FCFA pour financer la campagne agricole, dont 82,9 milliards de FCFA destinés aux intrants agricoles et 5,2 milliards de FCFA à la mécanisation et aux équipements. Par ailleurs, 14,5 milliards de FCFA ont été affectés à l’entretien des infrastructures routières et 13,5 milliards de FCFA au projet d’acquisition de deux avions destinés à Air Sénégal.

Des investissements publics encore peu avancés au premier trimestre

Les dépenses en capital se sont établies à 297,2 milliards de FCFA, financées à hauteur de 160,8 milliards de FCFA sur ressources internes et de 136,4 milliards de FCFA grâce aux prêts-projets et aux dons en capital.

En revanche, les investissements directement exécutés par l’État n’ont atteint que 3,3 milliards de FCFA à fin mars 2026, soit seulement 0,3 % des crédits prévus dans la Loi de finances initiale. À ce stade de l’année, l’essentiel des dépenses d’investissement prend donc la forme de transferts en capital vers les programmes publics et les organismes bénéficiaires.

L’exécution budgétaire du premier trimestre 2026 montre que le Sénégal a mobilisé 1 482,7 milliards de FCFA, soit 20,6 % des crédits inscrits dans la Loi de finances initiale 2026. Les dépenses ont principalement été orientées vers le fonctionnement de l’État, le paiement du service de la dette, les subventions à l’énergie ainsi que les transferts destinés aux secteurs de l’éducation, de la santé et de l’agriculture. Les investissements directement réalisés par l’administration centrale demeurent, quant à eux, limités au terme des trois premiers mois de l’exercice budgétaire.

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