Le Kenya relance le projet Dongo Kundu : un hub énergétique de 1,2 GW à 2,9 milliards $

Le Kenya veut franchir un cap important dans sa stratégie énergétique en relançant officiellement, en mars 2026, le projet de centrale thermique au gaz de 1,2 GW à Dongo Kundu.

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La future centrale sera implantée dans la zone de Dongo Kundu, à proximité du port de Mombasa, un choix stratégique qui facilitera l’importation de gaz naturel liquéfié (GNL). Cette localisation s’inscrit dans une vision plus large de développement industriel, la zone étant appelée à devenir un hub économique majeur en Afrique de l’Est. L’énergie produite servira en priorité à alimenter cette zone économique spéciale en pleine expansion.

Une centrale de grande capacité portée par KenGen

D’une capacité de 1 200 MW, la centrale figurera parmi les plus importantes infrastructures thermiques de la région. Elle sera développée par KenGen, l’entreprise publique de production d’électricité, en partenariat avec des investisseurs privés dans le cadre d’un partenariat public-privé. À ce stade, le projet est entré dans une phase avancée de structuration, marquée par la mobilisation de conseillers techniques et financiers.

La relance du projet intervient dans un contexte de forte hausse de la demande en électricité. Le Kenya fait face à un besoin urgent de nouvelles capacités, avec des projections évoquant la nécessité d’au moins 600 MW supplémentaires d’ici 2028. La centrale de Dongo Kundu vise ainsi à combler ce déficit, à sécuriser l’approvisionnement énergétique et à soutenir la croissance économique du pays.

Un levier pour l’industrialisation

Malgré une forte pénétration des énergies renouvelables, le Kenya fait le choix du gaz pour stabiliser son mix énergétique. La centrale fonctionnera entièrement au GNL importé, le pays ne disposant pas de réserves suffisantes de gaz domestique. Ce choix vise notamment à remplacer progressivement les centrales fonctionnant au fuel lourd, tout en garantissant une production d’électricité stable et pilotable, complémentaire aux sources renouvelables souvent intermittentes.

Au-delà de la production énergétique, le projet est conçu comme un moteur de développement économique. En alimentant la zone industrielle de Dongo Kundu, il permettra de réduire le coût de l’électricité pour les entreprises et d’attirer de nouveaux investissements. L’accès à une énergie fiable et compétitive constitue en effet un facteur déterminant pour l’industrialisation du pays.

Un projet ambitieux mais encore fragile

Malgré les avancées récentes, le projet reste confronté à plusieurs défis. Le financement n’est pas encore totalement sécurisé et dépendra de la mobilisation d’investisseurs privés. A noter que le projet nécessite un investissement total de 2,9 milliards USD. Par ailleurs, la dépendance au gaz importé expose le pays aux fluctuations des prix internationaux. Enfin, l’échec de précédents projets similaires incite à la prudence quant à la concrétisation effective de cette infrastructure.

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