SGR : le Kenya et l’Ouganda relancent l’extension de la ligne ferroviaire Kisumu-Malaba après 6 ans d’arrêt

Après plus de six ans d’interruption, la Standard Gauge Railway (SGR) reprend officiellement son extension. Les présidents kényan et ougandais ont lancé la prochaine phase, qui reliera Kisumu à la frontière ougandaise à Malaba, renforçant le commerce régional et modernisant le transport en Afrique de l’Est.

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Les présidents William Ruto et Yoweri Museveni

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Le jeudi 19 mars 2026, le président William Ruto a posé la première pierre des travaux dans le comté de Narok, au sud-ouest du Kenya. Quelques jours plus tard, il a accueilli à Kisumu son homologue Yoweri Museveni pour relancer officiellement la portion menant à Malaba, à la frontière avec l’Ouganda. Cette rencontre souligne l’importance stratégique de ce corridor pour le transport de marchandises et le commerce transfrontalier.

Modernisation du corridor historique

La SGR, construite entre 2013 et 2019 par des entreprises chinoises, relie actuellement Mombasa à Nairobi, puis à Naivasha. L’extension vers Kisumu, prévue pour juin 2027, permettra ensuite de connecter l’Ouganda et potentiellement le Rwanda et la République démocratique du Congo. Selon les autorités kényanes et ougandaises, ce projet doit transférer une partie du fret des routes vers le rail et les pipelines, réduire les coûts logistiques et préserver les infrastructures routières, tout en augmentant la capacité et la vitesse par rapport à l’ancienne ligne « Lunatic Express ».

Financement et coûts

Le Kenya a reçu 9,7 milliards de dollars de prêts chinois entre 2000 et 2019, dont près de la moitié a été utilisée pour construire la SGR. Les remboursements ont été suspendus de 2020 à 2023 à cause des difficultés financières du pays et d’une révision de la stratégie chinoise en Afrique. Aujourd’hui, le Kenya consacre environ un milliard de dollars par an au remboursement de cette dette, alors que les revenus générés par la ligne étaient estimés à 165 millions de dollars l’an dernier. Le coût total du projet, incluant pénalités et intérêts de retard, dépasse 500 milliards de shillings (3,3 milliards d’euros).

Pour financer l’extension actuelle, Nairobi ne contracte pas de nouveaux prêts mais s’appuie sur les futures taxes sur le fret et sur l’expertise des entreprises chinoises. Les autorités considèrent la ligne comme un moteur essentiel du commerce régional, reliant le Kenya à des pays enclavés comme le Rwanda, le Soudan du Sud et la RDC.

Cette extension vise à renforcer le commerce régional en facilitant le transport de marchandises lourdes et en vrac, tout en stimulant le commerce transfrontalier. Elle modernise le transport en transférant une partie du fret des routes vers le rail et les pipelines et en augmentant la capacité et la vitesse de circulation. Le projet génère également des emplois directs et indirects, et soutient le développement économique des villes traversées. Enfin, il positionne le Kenya comme hub logistique régional et prépare la SGR à de futures extensions vers d’autres pays enclavés et zones minières.

Avant cette reprise, la SGR avait déjà permis la construction de la section Mombasa–Nairobi et son prolongement jusqu’à Naivasha, contribuant au transport de passagers et de marchandises et à la modernisation progressive du corridor historique. La phase actuelle complète ce réseau en prolongeant la ligne vers Kisumu et Malaba, préparant ainsi un corridor régional intégré et plus efficace.

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