Producteur de pétrole depuis 2003, le Tchad exporte une part importante de sa production brute mais conserve une dépendance structurelle aux importations de produits pétroliers raffinés. Dans ce cadre, les autorités ont engagé une coopération avec l’Algérie en 2026 afin d’examiner la mise en place d’une nouvelle infrastructure de raffinage. Cette orientation vise à compléter les capacités existantes et à répondre à une demande intérieure en carburants en hausse continue, liée notamment à la croissance démographique estimée à plus de 3 % par an.
Une capacité de raffinage limitée face à la demande intérieure
Le système de raffinage tchadien repose essentiellement sur la raffinerie de Djermaya, située à environ 40 km de N’Djamena. Mise en service en 2011, elle dispose d’une capacité nominale d’environ 20 000 barils par jour. Cette installation, opérée en partenariat avec la China National Petroleum Corporation (CNPC), produit principalement de l’essence, du gasoil et du kérosène destinés au marché local.
Cependant, cette capacité reste inférieure aux besoins estimés du marché intérieur. Selon les données sectorielles, la consommation de produits pétroliers raffinés au Tchad dépasse régulièrement les volumes produits localement, ce qui entraîne un recours aux importations pour combler l’écart. Les importations de carburants représentent ainsi une part significative des dépenses d’approvisionnement énergétique du pays, bien que les chiffres exacts varient selon les années et les fluctuations du marché.
Dans ce contexte, le développement d’une seconde infrastructure de raffinage est envisagé comme un levier permettant d’augmenter le taux de transformation locale du brut et de réduire la dépendance extérieure.
Coopération énergétique avec l’Algérie et transfert d’expertise
L’accord signé en 2026 entre N’Djamena et Alger s’inscrit dans un cadre plus large de coopération énergétique et industrielle. L’Algérie dispose d’une capacité de raffinage supérieure à 600 000 barils par jour, répartie sur plusieurs sites opérés notamment par Sonatrach, ce qui en fait l’un des acteurs majeurs du raffinage en Afrique.
Cette expérience est mobilisée dans le cadre de la coopération avec le Tchad, notamment sur les volets techniques liés à la conception, à l’exploitation et à la maintenance des infrastructures pétrolières. Les discussions entre les deux pays portent également sur le renforcement des compétences locales, à travers des programmes de formation et d’assistance technique dans les métiers du raffinage et de l’ingénierie pétrolière.
Un enjeu lié à la structure du marché énergétique tchadien
La structure du marché énergétique tchadien est caractérisée par une double contrainte : une production de brut destinée en grande partie à l’exportation via les oléoducs régionaux, et une dépendance aux importations pour les produits raffinés. Cette configuration limite la captation de valeur ajoutée au niveau national.
L’introduction d’une capacité de raffinage supplémentaire pourrait permettre d’augmenter la part de pétrole transformé localement et de réduire l’écart entre production et consommation intérieure. À titre comparatif, dans plusieurs pays producteurs africains, le taux de transformation locale varie fortement, allant de moins de 20 % dans certains cas à plus de 80 % pour les pays disposant de capacités de raffinage développées.
La coopération engagée en 2026 entre le Tchad et l’Algérie s’inscrit dans une dynamique de renforcement des infrastructures énergétiques et de diversification des partenariats techniques dans le secteur des hydrocarbures. Avec une capacité de raffinage actuelle limitée à environ 20 000 barils par jour pour une production nationale dépassant les 100 000 barils, le Tchad fait face à un déséquilibre structurel entre production et transformation. Les échanges avec l’Algérie visent ainsi à accompagner le développement de nouvelles capacités industrielles afin d’améliorer le taux de transformation locale du pétrole et de renforcer la sécurité d’approvisionnement en produits pétroliers sur le marché intérieur.