Le Cameroun poursuit la mise en œuvre de sa stratégie d’industrialisation à travers un nouveau programme consacré à la formation professionnelle et à l’entrepreneuriat. Lancé à Yaoundé le 1er juin 2026, le Projet d’appui à la promotion de l’entrepreneuriat et à l’amélioration des compétences en soutien à l’industrialisation (PEAC) mobilise une enveloppe de 42,6 milliards de FCFA. Financé principalement par un prêt de 63,09 millions d’euros de la Banque africaine de développement (BAD), le projet s’inscrit dans les objectifs de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), qui vise à accroître la transformation locale de l’économie et à améliorer l’employabilité des jeunes.
Le PEAC, un programme de 42,6 milliards FCFA au service de l’industrialisation
Le PEAC couvre cinq régions du Cameroun : le Centre, le Littoral, le Sud, le Sud-Ouest et l’Extrême-Nord. Les principaux bénéficiaires sont les jeunes et les femmes en formation, à la recherche d’un emploi ou engagés dans un projet entrepreneurial. Selon les documents du projet, l’objectif est de développer les compétences répondant aux besoins des secteurs considérés comme prioritaires pour l’industrialisation, notamment le BTP, le transport, l’énergie, l’agro-industrie, les métiers verts et les technologies de l’information et de la communication.
Cinq régions ciblées et trois nouveaux centres de formation spécialisés
Sur le plan des infrastructures, le programme prévoit la construction et l’équipement de trois centres de formation professionnelle spécialisés. Le centre d’Akonolinga sera dédié aux métiers du bâtiment, des travaux publics et aux emplois verts. Celui de Kousseri formera aux métiers du transport, des engins lourds et des énergies renouvelables. Quant au centre de Kribi, il sera orienté vers les métiers de l’économie bleue et les activités maritimes liées au développement portuaire.
Le projet comprend également la création d’un village des métiers à Soa et d’un Centre national de certification et de qualification à Yaoundé. À cela s’ajoutent la réhabilitation et l’équipement de 11 établissements de formation publics et privés ainsi que l’élaboration d’une vingtaine de référentiels et normes de formation.
Un dispositif d’accompagnement de plus de 1 000 start-up et projets entrepreneuriaux
Le volet entrepreneuriat constitue un autre axe majeur du programme. Les prévisions officielles tablent sur l’accompagnement de 1 225 jeunes entrepreneurs au sein de neuf incubateurs répartis sur le territoire national. Environ 1 000 start-up et projets entrepreneuriaux devraient bénéficier d’un appui financier direct. Le programme prévoit également le financement de 500 projets portés par des femmes dans les activités liées à l’économie verte.
Concernant l’insertion professionnelle, le PEAC prévoit notamment l’organisation de stages pour 1 500 apprenants en fin de formation, l’accompagnement de 500 primo-demandeurs d’emploi, la reconversion de 400 formateurs et la certification de 400 professionnels par la validation des acquis de l’expérience.
Un objectif de 28 000 emplois dans un contexte de forte pression sur le marché du travail
Selon les projections présentées lors du lancement du programme, ces investissements devraient contribuer à la création de près de 28 000 emplois directs et indirects au cours de la mise en œuvre du projet. Cette ambition intervient dans un contexte où près de 300 000 jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail camerounais, selon les données reprises dans les documents d’évaluation du projet.
À travers le PEAC, le Cameroun engage un investissement de 42,6 milliards de FCFA destiné à renforcer l’adéquation entre formation, entrepreneuriat et besoins de l’industrie. La construction de nouvelles infrastructures, l’appui aux start-up, la professionnalisation des formations et les mécanismes d’insertion prévus doivent contribuer à la mise à disposition d’une main-d’œuvre qualifiée pour les secteurs identifiés comme moteurs de la transformation économique du pays.
