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Cameroun : BGFIBank finance l’usine de transformation d’arachides d’Africa Processing Company à Maroua

Le financement par BGFIBank Cameroun d'une future usine de transformation d'arachides à Kartoual, dans la région de l'Extrême-Nord, marque un tournant pour une filière qui demeure largement sous-industrialisée malgré son poids dans l'économie agricole camerounaise.

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À Maroua, l’arachide pourrait bientôt changer de statut. Longtemps considérée comme une culture essentiellement vivrière et commerciale, elle ambitionne désormais de devenir une véritable filière industrielle. Cette transformation est portée par un projet stratégique : la construction d’une unité moderne de transformation à Kartoual, dans la région de l’Extrême-Nord, avec l’accompagnement financier de BGFIBank Cameroun. Porté par Africa Processing Company (APC), dirigée par Lisette Claudia Tame, ce projet prévoit la production d’huile d’arachide, de pâte d’arachide et d’autres produits dérivés à forte valeur ajoutée. L’objectif est clair : transformer localement une matière première produite en grande quantité dans le septentrion et créer davantage de richesse autour de cette chaîne de valeur.

L’Extrême-Nord, cœur de la production arachidière camerounaise

Avec le Nord et l’Adamaoua, l’Extrême-Nord constitue le principal bassin de production d’arachides au Cameroun. Les données agricoles disponibles indiquent que cette zone concentre l’essentiel de la production nationale, avec une contribution particulièrement importante de l’Extrême-Nord, suivie de la région du Nord.

Dans cette partie du pays, l’arachide occupe une place stratégique dans les exploitations familiales. Elle représente une source de revenus pour des milliers de producteurs et joue un rôle important dans l’économie rurale des départements comme le Diamaré, le Mayo-Kani, le Mayo-Danay ou encore le Mayo-Tsanaga. Au-delà de la production agricole, la filière fait vivre tout un écosystème composé de commerçants, de transformateurs artisanaux et d’acteurs intervenant dans le stockage et la distribution.

Une production importante mais une faible transformation industrielle

Le principal défi de la filière reste aujourd’hui la création de valeur ajoutée. Une grande partie de l’arachide produite au Cameroun est encore commercialisée sous forme brute. La transformation demeure largement dominée par des activités artisanales : extraction traditionnelle d’huile, fabrication de pâte d’arachide ou commercialisation des graines grillées.

Cette situation limite les revenus des producteurs et prive l’économie locale d’une partie importante de la valeur générée par la transformation. Pourtant, les opportunités industrielles sont nombreuses. L’arachide peut alimenter plusieurs marchés : huile alimentaire, beurre d’arachide, farine enrichie, produits agroalimentaires, mais aussi alimentation animale grâce aux tourteaux issus de l’extraction.

Maroua veut devenir un pôle agro-industriel

L’implantation de cette usine à Maroua répond donc à un enjeu économique majeur : rapprocher les capacités de transformation des zones de production. Jusqu’ici, les producteurs du Nord-Cameroun vendent principalement une matière première agricole dont la transformation finale se fait souvent ailleurs. Avec une unité industrielle locale, l’ambition est de capter davantage de valeur sur le territoire. Le projet devrait également stimuler plusieurs activités connexes : collecte auprès des producteurs, transport, conditionnement, maintenance industrielle et distribution.

BGFIBank Cameroun au service de l’agriculture productive

L’accompagnement de BGFIBank Cameroun illustre une évolution du rôle des institutions financières dans l’économie agricole. Les banques ne se limitent plus au financement des campagnes agricoles ; elles s’intéressent désormais aux projets industriels capables de transformer les matières premières locales.

Cette orientation rejoint les ambitions de la politique nationale d’industrialisation, notamment la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), qui place la transformation locale des ressources agricoles au cœur de la création de valeur et de la diversification économique.

Si l’usine de Kartoual ouvre de nouvelles perspectives, plusieurs défis restent à relever : sécuriser l’approvisionnement en matière première, améliorer la qualité des récoltes, renforcer les capacités des producteurs et respecter les normes sanitaires exigées par les marchés modernes.

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