Le marché mondial du cuivre évolue en 2026 dans un contexte marqué par une progression continue de la demande industrielle. Utilisé dans les réseaux électriques, les véhicules électriques, les énergies renouvelables et les infrastructures numériques, le métal rouge est devenu un composant stratégique des nouvelles chaînes industrielles.
Les données du London Metal Exchange (LME) indiquent un cours du cuivre situé autour de 13 500 dollars la tonne au deuxième semestre 2026, après un niveau record supérieur à 14 500 dollars la tonne enregistré en janvier. Cette évolution intervient alors que les besoins mondiaux augmentent plus rapidement que les capacités d’approvisionnement de plusieurs grands producteurs.
L’intelligence artificielle ajoute une nouvelle source de demande de cuivre
La croissance des centres de données constitue un nouveau facteur de progression de la consommation mondiale de cuivre. Les infrastructures nécessaires au fonctionnement des applications d’intelligence artificielle nécessitent d’importants volumes de câbles, de systèmes électriques et d’équipements de refroidissement.
Selon S&P Global, les besoins en cuivre des centres de données devraient passer de 1,1 million de tonnes en 2025 à 2,5 millions de tonnes en 2040. L’organisme estime également que l’intelligence artificielle pourrait représenter 58 % de la consommation de cuivre des centres de données dès 2030.
Cette demande liée au numérique s’ajoute aux besoins générés par la transition énergétique. Les projections de S&P Global indiquent que la consommation annuelle de cuivre liée aux véhicules électriques pourrait progresser de 2,6 millions de tonnes en 2025 à 6,3 millions de tonnes en 2040, sous l’effet du développement des véhicules électriques et des infrastructures de recharge.
Une offre minière confrontée à des contraintes de production
L’évolution du marché du cuivre dépend également de la capacité des groupes miniers à augmenter leurs volumes de production. Plusieurs producteurs internationaux font état de contraintes opérationnelles liées à la baisse des teneurs des minerais, aux coûts d’exploitation et aux retards enregistrés sur certains projets.
Dans ses perspectives opérationnelles, BHP prévoit des difficultés de production sur certaines opérations en raison notamment de la diminution des teneurs du minerai à Escondida, l’une des plus grandes mines de cuivre au monde, ainsi que de contraintes rencontrées sur d’autres actifs.
Rio Tinto a également signalé une baisse trimestrielle de sa production de cuivre, tandis que Codelco, premier producteur mondial de cuivre détenu par l’État chilien, indique que plusieurs projets d’investissement nécessitent des délais supplémentaires et des coûts plus élevés.
Ces contraintes se reflètent également sur le marché des concentrés de cuivre destinés aux fonderies. Les frais de traitement et d’affinage ont fortement diminué, passant d’environ 80 dollars la tonne en 2024 à 21,25 dollars en 2025, avant d’atteindre zéro dollar dans certains contrats de référence pour 2026. Cette évolution traduit une concurrence accrue entre les fonderies pour sécuriser les volumes disponibles.
Les pays producteurs renforcent leurs stratégies minières
La progression de la demande mondiale place les pays producteurs de cuivre au centre des enjeux liés à la transition énergétique. La République démocratique du Congo figure parmi les principaux producteurs mondiaux grâce à ses importantes réserves de cuivre et de cobalt.
Les autorités congolaises développent une stratégie visant à accroître la valeur ajoutée locale à travers la transformation des minerais, le développement des infrastructures énergétiques et l’amélioration des capacités industrielles.
Le secteur minier représente une source majeure de revenus pour le pays, mais l’évolution des recettes dépend également des investissements réalisés dans la chaîne de production, depuis l’extraction jusqu’à la transformation.
Le cobalt reste sous contrôle des politiques d’exportation
Le marché du cobalt demeure marqué par les décisions prises par la République démocratique du Congo, premier producteur mondial. Le pays a instauré un système de quotas limitant les exportations à 96 600 tonnes par an pour 2026 et 2027, dont 87 000 tonnes attribuées aux producteurs et 9 600 tonnes réservées à des objectifs stratégiques.
Cette politique intervient dans un contexte où le cobalt reste utilisé principalement dans les batteries lithium-ion, mais également dans certains alliages destinés aux secteurs industriels et technologiques.
Le marché mondial du cuivre entre dans une phase où la demande liée à l’intelligence artificielle vient renforcer les besoins déjà générés par l’électrification des économies. Les projections de S&P Global, qui prévoient une consommation des centres de données atteignant 2,5 millions de tonnes en 2040, confirment l’importance croissante de ce métal dans les infrastructures industrielles futures.
Dans ce contexte, les performances des pays producteurs dépendront de leur capacité à augmenter leur production, développer la transformation locale et investir dans les infrastructures nécessaires à l’exploitation durable des ressources.
