Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé la troisième revue de l’accord de facilité élargie de crédit (FEC) avec la République de Madagascar. Ce qui permet le décaissement en faveur de ce pays d’environ 32,6 millions de dollars US, utilisables pour de l’appui budgétaire. Le total des décaissements de Madagascar au titre de l’accord est ainsi porté à environ 195,5 millions de Dollars US.
D’après un communiqué de presse publié le 2 mars 2023 sur le site internet du FMI, les autorités malgaches ont mis en œuvre plusieurs recommandations de politiques clés, « mais des réformes ambitieuses restent entravées par des capacités limitées et une gouvernance faible ».
La croissance de Madagascar devrait stagner à 4,2% en 2023 tandis que l’inflation moyenne annuelle accélérerait au-dessus de 10% dans un contexte de croissance mondiale plus faible et de prix internationaux élevés. Les risques liés à la situation politique intérieure, les faibles taux de vaccination contre le COVID et les évolutions mondiales défavorables assombrissent les perspectives.
Du côté positif, souligne le communiqué du FMI, la mise en œuvre de l’ensemble du programme de réformes envisagé dans le Plan Emergence Madagascar pourrait avoir des effets significatifs sur la productivité et la croissance.
Les administrateurs ont salué les progrès de Madagascar dans la mise en œuvre des réformes, tout en notant les performances mitigées du programme appuyé par le FMI dans un environnement difficile. Les administrateurs ont insisté sur l’urgence d’améliorer la gouvernance et la redevabilité pour renforcer la confiance dans les institutions.
Ils ont souligné l’importance d’une mise en application efficace du cadre de lutte contre la corruption, notamment en fournissant des ressources humaines et financières adéquates aux agences de lutte contre la corruption et en améliorant le cadre de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Antoinette Sayeh, Directrice générale adjointe et présidente par intérim a, elle, déblayé des pistes pour lutter contre l’insécurité alimentaire :
Les mesures visant à renforcer la résilience aux chocs climatiques, en s’appuyant sur les recommandations du récent Programme d’évaluation macroéconomique du climat (CMAP), sont importantes. Les efforts visant à renforcer la capacité d’intervention d’urgence, à accroître la productivité agricole, à améliorer les infrastructures et à développer des filets de sécurité sociale contribueraient à lutter contre l’insécurité alimentaire.
Il est prévu que la prochaine consultation avec la République de Madagascar se déroule conformément à la décision du conseil d’administration sur les cycles de consultation pour les membres ayant conclu un accord avec le FMI.