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Côte d’Ivoire : comment le secteur pétrolier a séduit les investisseurs étrangers

Grâce à son fort potentiel, la Côte d’Ivoire a su attirer les regards des grandes entreprises pétrolières mondiales sur son industrie. Les promesses d’investissements à l’issue de la CERAWeek 2025 aux Etats Unis est le résultat des performances positives de l’industrie pétrolière ivoirienne et des opportunités qu’offrent le marché.

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L’industrie extractive de Côte d’Ivoire a le vent en poupe. Plusieurs compagnies pétrolières s’intéressent au marché ivoirien. Il s’agit de BP, PETROBRAS, VITOL et VAALCO, entre autres. Ce regain d’intérêt est le résultat de la tournée américaine de Mamadou Sangafowa-Coulibaly, ministre des Mines, du pétrole et de l’énergie, à l’occasion de la CERAWeek 2025 à Houston. Cette rencontre annuelle réunit les acteurs du secteur de l’énergie. Le membre du gouvernement ivoirien avait pour objectif d’attirer les investisseurs internationaux dans l’industrie extractive du pays. Un objectif qui semble à la portée des ivoiriens au vu des promesses d’investissements obtenues aux Etats Unis.

10 ans après son départ de la Côte d’Ivoire, BP (British Petroleum), la compagnie britannique de recherche, d’extraction, de raffinage et de vente de pétrole fait son grand retour au pays des Éléphants. Des entreprises déjà actives au pays d’Alassane Ouattara prévoient étendre leurs investissements. Il s’agit entre autres du géant suisse du négoce pétrolier VITOL. L’entreprise est déjà active en Côte d’Ivoire dans la distribution de produits pétroliers. Elle a annoncé son intention d’étendre ses activités à l’exploration offshore.

Après l’acquisition de son premier bloc pétrolier en Côte d’Ivoire en mars 2025, la société indépendante VAALCO Energy n’a pas caché son ambition de se doter de quatre nouveaux blocs offshores. De son côté, Murphy Oil, une autre entreprise basée à Houston prévoit de réaliser son premier forage en Côte d’Ivoire, avant fin 2025, selon Mamadou Sangafowa Coulibaly. Dans la liste des entreprises qui découvrent le marché ivoirien, Petrobras. Le PDG de la compagnie brésilienne, Magda Chambriard, a rendu officielle cette décision, le 10 mars 2025, à l’issue d’une rencontre avec le ministre Mamadou Sangafowa Coulibaly.

Les secrets du succès de l’offshore ivoirien

La ruée des investisseurs vers le secteur ivoirien de l’extraction arrive dans un contexte où le pays investit massivement dans l’exploitation de ses ressources minières. Le secteur pétrolier ivoirien se porte bien. Fin décembre 2023, le pays a produit 10 752 196 barils, soit 29 481 barils par jour, selon les données officielles. Une production en hausse de 15,61% par rapport aux chiffres de 2022 qui font état d’une production de 9 300 556 barils.

Cette bonne performance est la conséquence de la mise en production de plusieurs champs pétroliers, à l’instar de celui de Baleine en août 2017. Les blocs du champ ont enregistré des performances positives à la première phase : CI- 11 (+39,48%), CI-26 (15,29%), CI-27 (9,33%), CI-40 (8,87%) et CI-101/CI-802 (25,57%). À ce jour, les réserves du gisement découvert en 2021 sont estimées à 2,5 milliards de barils de pétrole brut et 3 300 milliards de pieds cubes de gaz naturel, à la suite d’une deuxième découverte en juillet 2022, selon les autorités. Pour sa deuxième phase de l’exploitation du gisement de Baleine, les perspectives sont encourageantes. Cette deuxième étape portera la production du champ pétrolier à 50 000 barils de pétrole brut par jour et 60 millions de pieds cubes par jour de gaz naturel associé.

Augmenter sa production d’environ 56% en 2027

D’après les informations officielles, plusieurs investissements sont en cours dans de nombreux champs pétroliers, afin d’accroître la capacité de production de la Côte d’Ivoire. A terme, Abidjan veut augmenter sa production d’environ 56% en 2027, passant de 29 481 barils/jour en 2023 à 175 346 barils/jour en 2027. La production de gaz n’est pas en reste. Le pays ambitionne également de la faire progresser d’environ 11% en moyenne annuelle, passant de 263,92 MMSCF/jour en 2023 à 397,060 MMSCF/J en 2027. Des perspectives renforcées par le démarrage du développement du champ Calao découvert en mars 2024 et en cours d’évaluation, selon le Portail d’information et de promotion de l’économie de Côte d’Ivoire.

Le pétrole est un élément important dans l’économie ivoirienne. Cette ressource représentait environ 4% du PIB du pays et 15% de ses exportations en 2021. Afin de favoriser les investissements intérieurs dans le secteur, le gouvernement a mis en œuvre la loi sur le contenu local début juin 2024. Les autorités annonçaient à cette période que les entreprises nationales ivoiriennes (Petroci, SIR et Gestoci) auront, aux côtés de celles du secteur privé, un rôle important dans la conception, le financement, la construction et l’exploitation des infrastructures pétrolières sur toute la chaîne de valeur. D’ici 2030, le montant des projets structurants à réaliser s’élève à plus de 3,366 milliards USD (2 040 milliards de FCFA).

Un climat des affaires propice à l’investissement

Cette loi sur le contenu local témoigne de l’attractivité du secteur pétrolier ivoirien. De quoi justifier l’intérêt que lui portent les géants mondiaux de l’offshore. Avec une croissance économique de 7% en 2021, la Côte d’Ivoire contribue à hauteur de 40% du PIB de l’Union économique et monétaire ouest-africain (Uemoa), avec un volume commercial extérieur de 35%, selon le Centre de promotion des investissements de Côte d’Ivoire (Cepici). Si le pays a obtenu la notation Ba3 de l’agence de notation Moody’s fin juin 2022 qui lui confère une perspective « Positive », Fitch Rating lui attribue une perspective « Stable » avec la notation BB- fin février 2023.

Du point de vue de la gouvernance, la Côte d’Ivoire a gagné 24 places entre 2012 et 2022 avec un score de 54,3 sur 100 en 2022, selon le Cepici. Une progression beaucoup plus importante a été enregistrée entre 2011 et 2022 à l’indice de perception de la corruption. Période pendant laquelle, le pays est passé de 154e (2011) à 99e (2022). Investir en Côte d’Ivoire est synonyme de s’engager dans un marché communautaire de 410 millions de consommateurs (Cedeao) et gagner du terrain sur les opportunités qu’offrent la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), un marché estimé à plus de 1,2 milliard de consommateurs.

 

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