A la demande du président américain Donald Trump, cinq présidents africains sont attendus dans la capitale américaine, pour discuter de nouvelles coopérations stratégiques. Il s’agit notamment des Présidents Brice Clotaire Oligui Nguema (Gabon), Bassirou Diomaye Faye (Sénégal), Mohamed Ould Ghazouani (Mauritanie), Umaro Sissoco Embaló (Guinée-Bissau), et Joseph Boakai (Libéria). Les critères de sélection de ces derniers n’ont pas été clairement explicités. Toutefois, il faut noter que le choix de ces pays n’est pas anodin : tous sont stratégiques pour leurs ressources minières, leur stabilité relative, ou leur rôle dans les dynamiques sécuritaires régionales.
Le président Trump estime que les pays africains offrent des opportunités commerciales incroyables qui profitent à la fois au peuple américain et à nos partenaires africains
, a déclaré le 02 juillet un responsable de la Maison Blanche, rapporté par Reuters.
Brice Clotaire Oligui Nguema (Gabon)
Le Gabon est l’un des principaux producteurs mondiaux de manganèse, essentiel pour la production des batteries électriques. D’où l’intérêt de Washington d’échanger sur de nouvelles opportunités commerciales avec ce pays d’Afrique centrale. C’est d’ailleurs le seul pays d’Afrique centrale convié à ce mini-sommet stratégique EU-Afrique.
Notons qu’aujourd’hui, le Gabon jouit d’une position géopolitique stable. Malgré un coup d’État en 2023, le président Oligui Nguema est perçu comme un stabilisateur dans le Golfe de Guinée. Le pays est reconnu comme un leader africain de la préservation forestière, un atout dans les discussions sur les crédits carbone. En plus, après des tensions avec la France et un rééquilibrage diplomatique en cours, les nouveaux dirigeants gabonais recherchent de nouveaux partenaires.
Bassirou Diomaye Faye (Sénégal)
Élu en 2024 après une alternance pacifique, le président sénégalais Diomaye Faye représente une nouvelle génération de dirigeants africains. Ce qui favorise l’intérêt américain pour les économies “ouvertes” et réformistes, portées par des leaders jeunes et populaires.
Aussi, le Sénégal dispose d’une position géostratégique, car étant un pays stable et influent en Afrique de l’Ouest, allié historique des États-Unis dans la région. En plus, le Sénégal s’apprête à exploiter d’importants gisements de gaz et pétrole offshore (Grand Tortue Ahmeyim).
Mohamed Ould Ghazouani (Mauritanie)
Aujourd’hui, la Mauritanie est un partenaire sécuritaire clé dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. C’est aussi un pôle de stabilité dans une région en crise (comparé au Mali, Burkina Faso, Niger). Le pays dispose également des richesse en fer et en gaz naturel offshore, en coopération croissante avec le Sénégal. Et surtout, le positionnement diplomatique modéré, du pays pourrait faciliter les discussions avec Washington.
Umaro Sissoco Embaló (Guinée-Bissau)
Le positionnement de la Guinée-Bissau revêt un grand enjeu stratégique, car ce pays de l’Afrique de l’ouest est le point d’entrée vers le Golfe de Guinée. Le pays est engagé dans la lutte contre le narcotrafic et les EU y voient un enjeu de sécurité transnationale. Le pays manifeste aussi un leadership régional actif, notamment au sein de la CEDEAO. En plus, le président de la Guinée-Bissau Umaro Sissoco Embaló a une proximité personnelle avec les cercles conservateurs occidentaux, et un bon relationnel avec les États-Unis.
Joseph Boakai (Libéria)
Le Libéria jouit d’une stabilité après la transition démocratique pacifique suite à la défaite de l’ancien président George Weah en 2023. Le pays donne accès à des ressources (caoutchouc, fer, or) et attise l’intérêt américain pour un renouveau des investissements. Surtout que Washington entend réaffirmer son influence en Afrique anglophone de l’Ouest.
En fin, ayant été fondé par d’anciens esclaves afro-américains le Libéria est un allié historique des États-Unis, ce qui pourrait augurer de beaux lendemains.
Privilégier le commerce et investissement
Selon les informations recueillies par la rédaction d’Invest-Time, le mini sommet EU-Afrique prévu du 9 au 11 juillet 202 se veut ciblé et stratégique, loin du format élargi adopté par l’ancien dirigeant américain. En effet, l’actuel président des États Unis Donald Trump entend repositionner les États-Unis comme un partenaire économique direct, en rupture avec les approches centrées sur l’aide traditionnelle. L’administration Trump a réduit une grande partie de l’aide étrangère américaine à l’Afrique dans le cadre d’un plan visant à réduire les dépenses qu’elle juge inutiles et non conformes à la politique « America First » de Trump. Elle affirme vouloir se concentrer sur le commerce et l’investissement et favoriser la prospérité mutuelle. En début de semaine, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré que les États-Unis abandonnent ce qu’il a qualifié de modèle d’aide étrangère basé sur la charité et privilégient les pays qui démontrent à la fois la capacité et la volonté de s’aider eux-mêmes.