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Mayake Aboubakar (La Régionale Bank): « l’investisseur est notre patron, nous voulons grandir ensemble »

Dans un environnement en pleine mutation marqué par la réforme des changes, l’essor de la digitalisation et l’émergence de nouveaux modèles d’accompagnement financier, La Régionale Bank affine ses ambitions. Mayake ABOUBAKAR, directeur du pôle développement, revient sur les transformations en cours au sein de l’établissement et les priorités de la banque pour accompagner les porteurs de projets, les investisseurs et les opérateurs économiques.

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Mayake Aboubakar

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Nouvelle réglementation des changes : comment La Régionale Bank s’adapte-t-elle ?

La réforme des changes impacte tous les opérateurs économiques, y compris les intermédiaires agréés comme les banques. À La Régionale Bank, notre priorité a été de nous conformer rapidement à cette nouvelle réglementation. Nous avons mis en place des cycles de formation pour nos équipes, tant au niveau des opérationnels que des commerciaux. Les opérationnels sont formés pour maîtriser l’ensemble des textes en vigueur, tandis que les commerciaux ont pour mission de vulgariser les implications de cette réforme auprès de nos clients. Il faut leur expliquer ce qui change : désormais, les sanctions ne concernent plus seulement les banques. Les opérateurs économiques aussi peuvent être pénalisés s’ils ne respectent pas les exigences documentaires. Il est donc impératif qu’ils comprennent leurs nouvelles responsabilités, notamment en matière de pièces justificatives pour les transferts et les opérations transfrontalières.

Quel est le positionnement de La Régionale dans sa relation avec les investisseurs ?

Depuis notre accession au statut de banque en septembre 2022, nous avons adopté une stratégie de co-développement avec les investisseurs. Notre vision est claire : bâtir une relation gagnant-gagnant. L’investisseur est au cœur de notre dispositif. Il ne s’agit pas de maximiser nos gains au détriment de ceux qui nous font confiance, mais de croître ensemble. Nous mettons donc l’accent sur la transparence, la co-construction et l’écoute active pour garantir une relation durable et équitable.

La digitalisation vous aide-t-elle à contourner certaines lenteurs administratives ?

Absolument. L’un des exemples les plus parlants, c’est l’introduction du système E-Transfert dans la nouvelle réglementation de change. Ce dispositif permet un traitement plus rapide et fluide des opérations entre les banques commerciales et la banque centrale. Grâce à E-Transfert, tout se fait désormais de manière dématérialisée, sans déplacement physique. Nous pouvons soumettre les dossiers, notamment ceux liés aux opérations de capitaux comme les emprunts ou les demandes d’autorisations préalables, directement depuis nos agences. Cela représente un gain de temps considérable et une amélioration majeure de l’efficacité administrative.

Quels mécanismes avez-vous mis en place pour soutenir les projets structurants ?

Nous avons engagé une segmentation fonctionnelle de nos activités pour mieux accompagner les porteurs de projets. Deux agences spécialisées illustrent cette stratégie : Une agence dédiée aux PME, dotée d’une équipe qualifiée pour l’étude, l’analyse et l’accompagnement des petites et moyennes entreprises. Une agence « Agribanking », exclusivement orientée vers le financement agricole, avec des ingénieurs agronomes et des experts du secteur. Cette structure soutient tous les projets liés à l’agriculture, de la petite exploitation à l’agrobusiness. Cette structuration sectorielle nous permet de mieux appréhender les dossiers, de répondre rapidement et efficacement aux besoins spécifiques de chaque filière et d’accélérer le décaissement des financements.

Que faut-il améliorer, selon vous, pour accroître la compétitivité des banques régionales ?

Je vois trois axes prioritaires. L’optimisation des coûts, c’est-à dire réduire les charges opérationnelles pour améliorer la rentabilité des services rendus. L’investissement dans l’innovation ; nous devons impérativement développer de nouveaux produits et services adaptés à l’évolution du marché. Enfin, l’amélioration du service client. Il faut écouter activement les besoins des clients et proposer des solutions sur mesure est la clé de la fidélisation et de l’expansion. Avec ces trois leviers, les banques locales pourront être plus compétitives et mieux préparées à affronter la concurrence dans un environnement en perpétuelle mutation.

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