L’augmentation proche de 50 % de la production aurifère en un an ne relève pas uniquement d’une amélioration conjoncturelle. Elle reflète une montée en puissance progressive des capacités industrielles existantes, mais aussi un resserrement du contrôle étatique sur les volumes déclarés, générant ainsi plus de 776 milliards FCFA de recettes. Cette évolution met en lumière un secteur historiquement confronté à des pertes de valeur, notamment liées à l’orpaillage informel. En s’imposant comme première source d’exportation et principal pourvoyeur de devises, l’or devient un levier structurant de stabilité macroéconomique.
Le maintien des cours de l’or au-dessus de 2 000 dollars l’once agit comme un puissant amplificateur de valeur pour l’économie burkinabè. À ces niveaux de prix, chaque tonne supplémentaire produite génère des recettes substantielles, renforçant l’impact du secteur sur le produit intérieur brut et sur les finances publiques. Cette dépendance accrue aux marchés internationaux pose toutefois la question de la gestion prudente de la rente minière afin d’en limiter les effets de volatilité à moyen terme. La performance aurifère de 2025 conforte l’or comme pilier central de la stratégie budgétaire nationale. Dans un contexte de tensions financières, l’augmentation des recettes minières offre une marge de manœuvre appréciable. Cependant, l’efficacité de ce levier dépendra de la capacité des autorités à renforcer la traçabilité des flux, à encourager la transformation locale et à orienter les revenus vers des secteurs productifs à fort impact économique et social.
À l’horizon 2026, le Burkina Faso semble en mesure de consolider une production proche de 95 tonnes, traduisant l’installation d’un nouveau palier aurifère. Dans un environnement international toujours incertain, les cours de l’or devraient rester soutenus, prolongeant l’effet positif sur les recettes publiques. Néanmoins, l’enjeu majeur réside moins dans l’augmentation des volumes que dans la transformation de cette performance quantitative en avantage structurel durable.
La production record de plus de 94 tonnes d’or en 2025 place le Burkina Faso face à une responsabilité stratégique majeure. Au-delà de la performance minière, l’or devient un test de gouvernance économique et de souveraineté budgétaire. La capacité du pays à convertir cette richesse minérale en moteur de développement durable déterminera si la dynamique actuelle restera conjoncturelle ou s’inscrira durablement dans la trajectoire de transformation économique nationale.
