buhler

Loi de finances 2026 du Cameroun : les dépenses publiques montent à 15,6 % du PIB tandis que le service de la dette grimpe à 8,8 %

Alors que la communication officielle présente la Loi de finances 2026 comme un budget de consolidation, l’analyse détaillée des chiffres révèle une réalité bien plus contraignante : l’État camerounais entre dans une phase de gestion budgétaire sous forte pression, marquée par la montée de la dette, la fragilité du secteur de l’électricité et le recul des financements extérieurs dans la santé.

3 Min Lecture
Louis-Paul Motaze, Ministre de l'Économie et des Finances du Cameroun.

Suivez-nous sur nos chaînes   chaîne Telegram Invest-Time chaîne WhatsApp Invest-Time chaîne TikTok Invest-Time

Les dépenses primaires, c’est-à-dire hors service de la dette, passent de 14,9 % du PIB en 2025 à 15,6 % en 2026, tandis que les dépenses d’investissement progressent de 5,3 % à 5,6 % du PIB. Cette hausse ne traduit pas une relance classique, mais plutôt une réorientation stratégique des ressources vers des secteurs jugés critiques pour la stabilité économique.

L’électricité, un risque budgétaire désormais assumé

La Loi de finances 2026 reconnaît explicitement le déséquilibre financier du secteur de l’électricité, lié à la situation précaire de ENEO. Cette mention constitue un signal fort : l’État admet que la fragilité du principal distributeur d’électricité est devenue un risque pour l’équilibre des finances publiques. Pour les investisseurs, cela signifie que le secteur énergétique entre dans une zone de priorité budgétaire, avec des perspectives accrues de soutien public, de garanties et de partenariats destinés à sécuriser l’approvisionnement et la continuité du service.

La santé fragilisée par le retrait des financements américains

Autre information clé : la suspension de plusieurs financements de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). Face à ce retrait, l’État prévoit de prendre le relais pour assurer la continuité de projets de santé essentiels.

Cette évolution pèse sur le budget, mais ouvre aussi un nouvel espace économique. Le secteur de la santé devient un champ d’opportunités pour les opérateurs privés, les ONG et les investisseurs, appelés à compenser la baisse des financements extérieurs.

Une dette soutenable, mais une trésorerie sous tension

Si le stock de la dette publique demeure inférieur à 50 % du PIB, donc encore soutenable, la situation de trésorerie se dégrade fortement. Le service de la dette augmente de 7,0 % du PIB en 2025 à 8,8 % en 2026, ce qui traduit une pression croissante sur les finances de l’État. Pour y faire face, le gouvernement prévoit une importante opération de refinancement, en recourant à des prêts directs auprès des banques locales et à des placements privés à l’étranger, avec des maturités plus longues. L’objectif est de lisser les remboursements et d’éviter un choc de liquidité.

Le véritable message de la Loi de finances 2026

Au-delà des annonces, la Loi de finances 2026 révèle un État engagé dans une gestion prudente et défensive de ses finances. L’enjeu n’est plus seulement de financer la croissance, mais de préserver les secteurs vitaux que sont l’électricité, la santé et l’investissement public. Pour les investisseurs, le signal est clair : les secteurs soutenus par le budget sont ceux que l’État considère comme stratégiques pour la stabilité macroéconomique.

Pour en savoir plus...