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La RDC triple la fiscalité sur le lithium, le tantale, l’uranium… et les terres rares

La République démocratique du Congo (RDC) franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de valorisation de ses ressources minières critiques. Réuni en Conseil des ministres le 29 mai dernier, le gouvernement a en effet adopté un projet de décret élargissant la liste des substances minérales stratégiques du pays.

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Désormais, le lithium, le tantale, le niobium, le tungstène, l’uranium et les terres rares rejoignent le cobalt, le germanium et le coltan dans cette catégorie spéciale. Cette décision n’est pas sans conséquences pour les opérateurs miniers. En vertu du Code minier congolais, les minerais classés stratégiques sont soumis à une redevance de 10 %, contre 3,5 % pour les substances ordinaires. Les entreprises exploitant ces ressources verront donc leur fiscalité presque tripler.

Une réponse à la ruée mondiale vers les minerais critiques

Pour Kinshasa, cette réforme vise à mieux capter la valeur créée par des matières premières devenues indispensables aux industries de pointe, à la transition énergétique et aux technologies émergentes. Le gouvernement justifie cette révision par l’évolution des marchés internationaux et par l’importance croissante de ces minerais dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

L’objectif affiché est clair : permettre à la RDC de bénéficier davantage du caractère stratégique et géopolitique des ressources dont regorge son sous-sol. Une ambition qui s’inscrit dans une tendance observée dans plusieurs pays africains producteurs de matières premières, désireux d’accroître leurs recettes minières et leur pouvoir de négociation face aux grands groupes internationaux.

Le lithium au cœur des nouveaux enjeux miniers

L’intégration du lithium dans la liste des minerais stratégiques intervient à un moment clé pour le secteur minier congolais. La RDC s’apprête en effet à entrer dans le cercle des producteurs industriels de ce métal indispensable à la fabrication des batteries pour véhicules électriques et systèmes de stockage d’énergie.

Dans la province du Tanganyika, le projet de Manono, développé par le groupe chinois Zijin Mining, doit entrer en production au cours du mois de juin 2026. En parallèle, l’américaine KoBold Metals a lancé récemment un vaste programme d’exploration dans le pays, témoignant de l’intérêt croissant des investisseurs pour le potentiel congolais.

Le leadership mondial de la RDC sur le tantale

Parmi les nouveaux minerais concernés figure également le tantale, dont la RDC est le premier producteur mondial selon les données de l’USGS. Ce métal, largement utilisé dans les composants électroniques des smartphones, ordinateurs et équipements de télécommunication, est principalement extrait de manière artisanale dans les provinces orientales du pays.

Le niobium et le tungstène, également intégrés à la liste, jouent un rôle essentiel dans les alliages industriels, l’aéronautique et les technologies avancées. Quant aux terres rares, elles constituent des éléments clés dans la fabrication des aimants permanents, des éoliennes et des véhicules électriques.

L’uranium, symbole du potentiel stratégique congolais

L’ajout de l’uranium revêt une dimension particulière. Bien que ce minerai ne soit plus exploité à grande échelle depuis la fermeture de la célèbre mine de Shinkolobwe, dans le Haut-Katanga, son inscription parmi les substances stratégiques rappelle l’importance géologique du sous-sol congolais.

Cette mine est restée dans l’histoire pour avoir fourni une partie de l’uranium utilisé dans le cadre du Projet Manhattan durant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, alors que l’énergie nucléaire retrouve de l’intérêt dans plusieurs pays, Kinshasa entend préserver la valeur potentielle de cette ressource.

Vers une montée des recettes minières

Avec cette réforme, la RDC renforce sa politique de souveraineté minière et cherche à maximiser les retombées économiques d’un secteur qui représente déjà l’un des principaux moteurs de son économie. Pour les investisseurs, le défi sera désormais d’intégrer cette hausse de la fiscalité dans leurs modèles économiques, alors que la demande mondiale en minerais critiques continue de progresser sous l’effet de la transition énergétique et de la révolution numérique.

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